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CHAPITRE XVIII

pressée peut résister et une autre dans le voisinage céder à sa place.

« L’accroissement du crâne, dit Broca, est provoqué par l’expansion cérébrale, en raison de la poussée exercée sur les divers os qui le composent. Si la masse cérébrale était liquide, cette poussée serait partout la môme ; si elle était dure ou très ferme, la pression exercée sur chaque os serait presque proportionnelle au développement du lobe cérébral subjacent. Mais la consistance du cerveau n’est ni assez faible pour répartir uniformément sur tous les points de sa surface la pression qui résulte de l’accroissement d’un lobe, ni assez forte pour que cette pression reste limitée à la partie correspondante de la boîte crânienne. Par conséquent, lorsqu’un lobe s’accroît d’une certaine quantité, il tend à dilater tout le crâne, mais la dilatation qu’il produit est à son maximum dans la partie du crâne qui le recouvre (1).»

Par conséquent, ainsi que l’ont dit Bérard et Montègre dans leur polémique contre Gall, le crâne ne suit les reliefs de l'encéphale que dans ses grandes masses. L’un et l’autre seront plus ou moins volumineux par leur région antérieure, leur région postérieure ou leur voûte; à un cerveau dolichocéphale répondra un crâne dolichocéphale , dans les crânes à occiput tombant verticalement à partir du lambda ou de Fobélion comme sur les Malais, le cerveau fera une chute semblable dans sa partie postérieure ; un front étroit et bombé impliquera des lobes antérieurs étroits et bombés sans toutefois que la correspondance soit absolue. Toute déformation ethnique ou par synostose prématurée s’accompagnera d’une déformation analogue du cerveau.

Dans ces limites générales, il est permis de dire avec Gall que le crâne et le cerveau, quel que soit celui qui gouverne l’autre, se moulent l’un sur l’autre ; mais il ne faut pas être trop absolu dans cette voie.

Le craniologiste est admis à prendre la largeur du crâne en avant et en arrière, à mesurer sa hauteur là où elle est accessible, à comparer sa base à sa voûte, dans la pensée que ces dimensions et rapports correspondent proportionnellement à ceux du cerveau. Mais il se gardera d’aller au delà avec une égale conviction. Les prétendues correspondances partielles de Gall n’ont jamais existé que dans son esprit et ceux de ses disciples ; à une dépression ou un relief localisé de la surface externe du crâne ne répond pas une dépression et un relief semblable de la surface interne; ; les aspérités et accidents de la lame externe du crâne ne sont pas ceux : de la lame interne et réciproquement, et obéissent à d’autres lois ; et i enfin, ce qui est plus grave, les divisions naturelles du crâne, parmi les i plus importantes, n’ont pas de relation avec les divisions naturelles du i cerveau, ce que nous allons examiner.

Objections diverses. — L’une des premières adressées aux bosses de Gall est la suivante. Les es du crâne, ceux de la voûte en particulier, sont

fl) P. Broca, Mém. cité sur la Topographie cranio-cérébrale , p. 22.

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