CHAPITRE XVIII
supérieur et la partie frontale ou angulaire interne de l’orbite. C’est entre les deux que l’arrière-cavité olfactive dite frontale, partie du méat supérieur des fosses nasales, s’insinue en se prolongeant plus ou moins loin en arrière et en dehors entre le plafond de l’orbite et le plancher de la région orbitaire de la cavité crânienne. Quelquefois deux prolongements olfactifs, droit et gauche, se réunissent sur la ligne médiane; quelquefois ils sont séparés. Ces sinus dits frontaux, analogues au point de vue physiologique et anatomique tout à la fois aux sinus qui de la même façon se forment à côté dans le corps du sphénoïde, varient suivant les âges, les sexes, les individus et les races. D’une manière générale les arcades sourcilières ont une saillie proportionnelle à leur développement, mais chez l’adulte du sexe masculin lui-même il y a de grandes différences. Quelquefois les arcades sourcilières sont pleines ou les sinus se réduisent à peu de chose, d’autres fois elles ne forment qu’une coque. La figure 74 ci-après en donne des exemples. Il y a des femmes et des sujets de race jaune, sans aucun relief appréciable à la glabelle et aux arcades sourcilières, chez lesquels cependant les sinus se montrent très développés, lorsqu’on pratique la coupe antéro-postérieure du crâne.
Les enfants naissent sans sinus frontaux; les lames externe et interne du crâne sont adossées l’une à l’autre. Peu à peu le diploé se forme, s’entassant à l’endroit de la glabelle. Les sinus apparaissent vers 6 ou 8 ans sous forme, de chaque côté, d’une cellule qui grandit et s’étend en haut et en dehors en prenant la place du diploé. Ils commencent par voie de résorption, dit M. Sappey, et progressent par dilatation; leur paroi postérieure reste immobile, leur paroi antérieure se porte en avant. A l’âge sénile ils diminuent par épaississement de leurs parois et s’atrophient.
M. Manouvrier a mesuré spécialement la distance qui sépare la surface externe de la surface interne au niveau de la glabelle où se prend le diamètre antéro-postérieur maxima ; sur 14 crânes masculins elle était de 13 millimètres, sur 7 crânes féminins de 8 millimètres ; c’est la confirmation des mesures de WolkofL Ces sinus frontaux font le désespoir de la craniométrie contemporaine. Quelque sacrifice qu’on fasse, on n’est jamais sûr de ne pas les avoir au-dessous de son compas. Je les ai vus remonter à quelques millimètres des bosses frontales, s’étendre ou sur la plus grande partie du plafond orbitaire, passer au-dessous de la crête temporale, remonter au-dessus et fausser de la façon la plus complète toute l’idée qu’on pouvait se faire de l’étendue du front.
En craniométrie, nous savons que notre diamètre antéro-postérieur et même notre frontal minimum ne correspondent nullement à la mesure équivalente que nous aimerions à prendre dans l’intérieur de la cavité crânienne. Nous en faisons notre deuil; mais en cranioscopie et en phrénologie c’est mortel. Les plus nobles localisations de G ail , Spurzheim, Vimont, Combes, etc., sont précisément échelonnées sur ces endroits