CHAPITRE XVIII
leur fonction forment plus loin le sinus veineux longitudinal supérieur.
A la jonction des quatre branches se trouve un point osseux plus élevé qui est la protubérance occipitale interne, ou, pourrait-on dire, Timon interne. Mais dans la disposition de ces parties existent de grandes différences. Si l’un des sinus latéraux, le plus souvent le droit, contribue davantage à former le sinus longitudinal, la gouttière correspondante repousse la saillie osseuse et l’inion est déjeté à gauche; par contre les deux fosses cérébrales sont inégales. De même la crête verticale de la branche supérieure de la croix est-elle souvent déjetée d’un côté, ce qui rend inégales aussi les fosses cérébelleuses, dont Tune est en général plus élevée. L’inion interne varie donc considérablement d’emplacement; or il répond exactement à l’intersection des fentes qui séparent transversalement le cerveau du cervelet et verticalement les hémisphères droit et gauche du cerveau et du cervelet. Du reste tout, dans l’état lisse, poli, de la surface des quatre fosses cérébrales et cérébelleuses, atteste que cette surface se subordonne entièrement à l’organe encéphalique. Le cervelet n’ayant pas de circonvolutions, la surface de ses fosses est continue. Les lobes occipitaux du cerveau ayant au contraire des circonvolutions, les intervalles de celles-ci sont dessinés par des reliefs à la surface des fosses cérébrales .
A la face externe de l’écaille occipitale la disposition est entièrement changée, il n’y a pas trace de ce que nous venons de voir. La partie correspondant aux fosses cérébrales et à la crête du sinus longitudinal I forme un tout continu, rugueux, que terminent en bas, au milieu l’inion ; plus ou moins saillant, sur les côtés les deux moitiés de la ligne courbe : supérieure, adoucie chez les femmes et les enfants, épaisse et heurtée : chez les hommes en proportion de la force générale du sujet accusée : par tout le reste du squelette. Au-dessous il y a un vestige de crête : médiane verticale, mais surtout une ligne courbe transverse dite infé- rieure, puis çà et là des rugosités dirigées d’avant en arrière et parallèles, et des mamelons irréguliers : bref une vaste surface d’implantation de muscles divers et nombreux; c’est à peine si chez quelques sujets un l amincissement de l’os fait songer aux fosses cérébelleuses qui se trouvent 1 derrière.
La lame interne et la lame externe de l’écaille de l’occipital ne présentent donc aucune apparence de solidarité, elles se comportent comme des étrangères Tune à l’autre. L’épaississement variable de la région est essentiellement dû à la lame externe et aux attaches musculaires qu’on : y voit. Il semble qu’une lame papyracée eût suffi à l’endocrane, sans les saillies nécessaires à l’insertion de la tente du cervelet et de la faux du i cerveau et du cervelet.
Qu’en résulte-t-il pour l’inion externe? c’est que par hasard il se » trouve au niveau de l’inion interne, mais que la règle, c’est le défaut de i correspondance: l’inion interne est le plus souvent placé plus haut et en :
inion s interne et externe.
dehors de la ligne médiane, mais il se rencontre aussi et assez fréquemment plus bas. La ligure 73 offre des exemples des deux dispositions (1).
Fig. 73. — Coupe antéro-postérieure médiane de l’occipital montrant la relation entre
E, l’inion externe, et I, l’inion interne ;0, opisthion ou point postérieur du trou occipital.
La mesure craniométrique que Broca a prise pendant longtemps au niveau de l’inion, dans le but d’avoir le point de séparation du cerveau et du cervelet, est donc illusoire. C’est le diamètre antéro-postérieur iniaque ou de la glabelle à l’inion qu’il comparait au diamètre antéropostérieur maximum ordinaire ; les différences d’un sujet à l’autre qu’il constatait étaient dues en grande partie aux différences individuelles d’épaisseur du crâne. La phrénologie ayant oublié l’inion dans la géographie de ses bosses, celle de le philogéniture étant au-dessus et celle de l’instinct génésique au-dessous, il n’y a rien à lui dire à cet égard. On remarquera toutefois que les reliefs de la portion sous-iniaque étant dus aux insertions musculaires, ce sont essentiellement celles-ci qu’on percevait dans la cranioscopie.
Dans le tableau de Wolkoff la surface du crâne externe, si je puis ainsi m’exprimer, la plus éloignée du crâne interne est située à la partie inférieure du front. Mais l’épaisseur de l’une ou de l’autre lame n’est plus ici en cause; l’éloignement est dû à l’interposition entre elles des prolongements de la cavité olfactive, revêtus de leur muqueuse auxquels on donne le nom de sinus frontaux. Cette région se trouve en effet dans des conditions particulières, et l’on ne comprend pas que le pbrénologiste ait poussé l’oubli de toute anatomie jusqu’à y entasser le plus grand nombre de localisations extérieures.
Cette région n’appartient en effet que partiellement au crâne cérébral, elle fait partie à un plus haut degré de la face. L’ovoïde crânien comparable moins à la petite qu’à la grosse extrémité d’un œuf de poule, après s’être avancé jusqu’aux bosses frontales, descend un peu, puis se recourbe en arrière par salame interne, tandis que salame externe continue son trajet pour former la moitié ou les deux tiers internes du rebord orbitaire
(1) La protubérance occipitale externe est quelquefois un peu plus bas que l’interne, mais jamais plus haut, disait Broca en 1862, à une époque où il admettait encore la correspondance des deux.