CHAPITRE III
expériences de la fin de sa vie, tourne en faveur de cette doctrine du transformisme qui dans le temps ne distingue pas les races des espèces en voie de formation.
En rapprochant cette argumentation des vues générales qu’il a émises avec netteté, quoique avec réserve, le grand naturaliste français qui a inspiré Lamarck et Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire, comme nous le verrons, prend rang en tête de l’école transformiste.
Instigateur du mouvement philosophique qui a donné naissance à cette école, Buffon a, d’autre part, le premier saisi la distinction des races dans le groupe humain. Il a fondé ce qu’on a appelé depuis et à tort l’ethnologie, comme il a fondé ce qu’on allait bientôt désigner par le nom d’anthropologie, dont il a esquissé toutes les grandes divisions, à savoir : l’homme en général, considéré comme animal au point de vue morphologique et biologique à tous les âges ; ses races, leur description, leur mode d’origine et leur croisement; enfin sa comparaison avec les singes et autres animaux au point de vue physique et physiologique, la caractéristique de l’homme, sa place au milieu des autres êtres et son origine. Ce sont les trois divisions de l’anthropologie de Broca : générale, spéciale et zoologique.
« L’anthropologie, dit Flourens, surgit d’une grande pensée de Buffon ; jusque-là l’homme n’avait été étudié que comme individu, Buffon est le premier qui l’ait envisagé comme espèce. »