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CHAPITRE XIX

qu’on cherche, que deux procédés plus simples le remplacent sans inconvénient. Dans l’un, h la condition de posséder la hauteur prise dans de bonnes conditions (1), on additionne les trois diamètres, en ajoutant les 15 millimètres à la hauteur, et les divise par 3; dans l’autre on se contente d'additionner les deux éléments de l’indice céphalique qu’on divise par 2. On obtient ainsi des valeurs fictives, mais qui, comparées entre elles dans les moyennes, suffisent à donner une idée de leurs rapports.

Il importe à tout prix en effet de reprendre la question posée par Parchappe et Broca et non résolue. On comprendra que mes objections aux circonférences et le petit nombre de cas sur lesquels ils s’appuient me laissent un peu sceptique sur leurs conclusions. Les cheveux à eux seuls donnent des différences plus fortes que celles qu’ils ont constatées. Toutefois, rien dans l’étude à laquelle nous nous sommes livrés sur la possibilité d’un développement du cerveau et du crâne après 20 ans, ne rend invraisemblables, on s’en souvient, les différences attribuables à l’éducation que ces auteurs ont trouvées dans la grosseur de la tête.

Le volume que possède la tête chez l’adulte, dit en substance Broca dans son mémoire sur Y Influence de l'éducation su r le volume et la forme de la tête , est la résultante de deux causes : l’hérédité, qui par l’accumulation des influences sur l’individu, donne à certaines classes de la société une tête plus forte, et l’éducation, qui favorise l’augmentation de volume du cerveau, par contre du crâne et de la tête dans la période de croissance de cet organe. En supposant que l’homme ne puisse avoir d’action sur le volume du cerveau dans les classes sociales, ce qui n’est pas prouvé, il reste maître de diriger l’hygiène de l’individu dans le sens le plus susceptible de lui permettre d’acquérir un surcroît d’organisation physique cérébrale utile. Nous devons citer textuellement ici : « Nous savons, dit Broca, que le fonctionnement régulier des organes favorise leur développement, et la connaissance de cette loi a permis non seulement d’introduire dans l’hygiène et dans l’éducation physique des modifications utiles à l’économie tout entière, mais encore d’augmenter par un entraînement spécial la puissance de certains organes. Il s’agit de savoir maintenant si le cerveau fait exception à la loi, et si le fonctionnement et l’éducation sont ou non capables d’exercer quelque influence sur son développement. Toutes les probabilités tirées des analogies nous autorisent à considérer cette influence comme réelle. Mais en un sujet si grave, les arguments a priori ne sauraient nous suffire. La preuve directe oujours nécessaire l’est tout particulièrement ici. »

Et plus loin il conclut: « Je crois avoir démontré que d’une part la

(1) J’ai trouvé en effet, dans les listes anthropométriques des voyageurs, que si les deux éléments de l’indice céphalique sont pris avec soin, très souvent dans la hauteur susauriculaire il y a des impossibilités qui montrent que la mesure n’a pas été prise correctement. Je dirai pourquoi plus tard.

VIVANT

CÉPIIALOMÉTRIE CÉRÉBRALE.

culture de l’esprit et le travail intellectuel augmentent le volume du cerveau, et que, d’une autre part, cet accroissement porte principalement sur les lobes frontaux, qui sont le siège des facultés les plus élevées de l’intelligence (1). »

En présence de conclusions aussi fermes tirées de l’examen craniométrique, on ne peut s’empêcher de désirer la continuation des travaux qui y conduisent. Les mesures céphalométriques n’ont pas la certitude qu’on voudrait, c’est vrai ; mais le nombre des sujets y supplée. Ce qu’il faudrait, ce sont des mensurations organisées sur une grande échelle par toute la France, c’est-à-dire un choix sévère de mesures, une instrumentation simple et accessible, et des hommes de bonne volonté, ce qui ne manque pas, mais façonnés à ce travail. La grandeur des résultats serait à la hauteur des efforts. La démographie ne sort pas des questions de natalité, de matrimonialité et de mortalité : il faut étendre son horizon et lui apporter des matériaux sur le développement de la tête et du cerveau, suivant les conditions individuelles et suivant les classes sociales.

11 n’est pas sans intérêt, bien que j’engage à ne, jamais comparer les chiffres recueillis sur le vivant avec ceux pris sur le crâne et à renoncer à tout essai de conversion, d’avoir un aperçu de la différence dans les deux cas, que donnent la demi-somme des deux diamètres généraux et la circonférence. Voici les résultats de 19 sujets mesurés sur le vivant par Broca, et sur le crâne par moi-même :

Moyennes.

Tète.

Crâne.

Différence sur tête.

Diamètre antéro-postérieur maximum. . . .

— transverse maximum .

Demi-somme des deux . . .

Circonférence horizontale .

La demi-somme des deux diamètres étant une valeur fictive, je n’insiste pas. Les 35 millimètres d’excès sur la circonférence sont simplement à noter.

Je termine par quelques moyennes céphalométriques suivant les races, d’après les deux systèmes que j’ai recommandés pour se faire une idée des rapports de la grosseur de la tête. Auparavant, je donne le complément des chiffres que j’ai déjà empruntés aux statistiques américaines.

Statistiques américaines.

Circonfér. horizont.

de Welcker.

7,900 soldats blancs . 562 mill.

570 Iroquois . 571 —

2,020 Nègres . 556 —

863 Mulâtres . 558 —

Courbe

inio-sourcilière.

368 mill.

(1) Bull. Soc. anthr ., séance du 5 décembre 1872. Écrit, semble-t-il, en 1861.

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