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CHAPITRE XX

La différence entre les variétés couchée et dressée du type Aymara se détache bien. D’autre part la preuve est écrite que le Flathead n’est pas, comme on le dit, une déformation couchée, et qu’elle se rattache au contraire à la dressée.

D’autres mesures peuvent être utilement mises à profit. Ainsi les longueurs respectives des trois parties constituantes frontale, pariétale et occipitale de la courbe antéro-postérieure médiane, les rayons auriculaires et basilaires. L’angle que fait avec l'horizontale l’axe d’élongation du crâne dont j’ai parlé serait surtout intéressant, mais il n’est guère applicable qu’à la différenciation des formes dressée et couchée franches. Ces aperçus suffisent du reste pour montrer le genre de services que la craniométrie peut rendre dans un des cas les plus rebelles aux mensurations.

Jusqu’ici, les déformations désespéraient les anthropologistes et étaient reléguées dans la catégorie des faits descriptifs ; elles sont à présent du domaine de l’anthropométrie et se prêtent aux moyennes et analyses. Je termine sans y insister par une dernière application de la même méthode des projections au sujet. Ce sont les proportions des trois parties constituantes du crâne par rapport au tout — 100, savoir : la projection horizontale du crâne cérébral postérieur (en arrière du basion), celle du crâne cérébral antérieur (entre le basion et l’ophryon), et celle de la face. Ce point de vue ayant pour objet de montrer l’influence exercée par la compression du front sur l’atrophie ouïe refoulement du crâne antérieur ou des lobes cérébraux antérieurs, j’échelonne les séries du moins au plus, en finissant par les Parisiens dont le front est normal.

Projections. — Crâne total = 100.

Hommes.

Crâne

cérébral.

Crâne

antérieur.

postérieur.

facial.

4 Aymaras couchés .

5 — dressés .

8 Déform. françaises....

1 Sacrificios .

12 Ancons .

7 Flatheads .

15 Parisiens .

La pratique absurde des déformations du crâne se rencontre à peu près partout, non dans les races inférieures abandonnées à elles-mêmes, comme les Nègres d’Afrique en général, le Boshimans, les Tasmaniens, les Australiens, mais dans les races jaunes et les pays où elles ont exercé leur influence, et dans un groupe européen primitivement cantonné sur les confins de l’Asie, savoir : dans les deux Amériques, de la Patagonie à l’Alaska, dans toute l’Océanie moins sa partie méridionale et avec une moindre fréquence en Asie et en Europe. Il est à remarquer que les races dites hyperboréennes et les races de l’Inde et de l’Arabie sont exemptes de ce fléau.

DÉFORMATIONS ETHNIQUES FRANÇAISES

Les variétés qu’elles présentent caractérisent bien plus des tribus ou des castes différentes que des corps de nations. Dans la région de Vancoover, dans un même archipel on trouve jusqu’à trois types de déformation dans des peuplades qui semblent, par les autres caractères, appartenir à une même race. Dans les Philippines et les régions voisines il y a quatre types. Dans l’empire des Aymaras, chacune des classes sociales, conquérants et conquis, avait sa déformation propre. Aussi, là où l’on s’attendrait à trouver le plus d’unité, trouve-t-on dans la même population des divergences très grandes. La déformation frontale simple s’observe presque dans tous les types dont elle semble n’être qu’un degré, une première étape des aplatissements antéro-postérieurs les plus exagérés de notre 3° groupe ou des allongements cylindriques de notre 4e, en Amérique comme dans la Malaisie et en Europe.

Les déformations ethniques seraient à étudier au triple point de vue de l’ethnographie, de l’influence qu’elles peuvent exercer sur l’encéphale et des questions d’hérédité et de transformation de formes anormales et accidentelles en formes normales et permanentes. Nous abandonnons aux ethnographes ce qui concerne les procédés employés pour les obtenir et le but qu’on cherche ainsi à atteindre. Nous ne nous arrêterons, sous le rapport des lumières qu’elles apportent à l’histoire des migrations, qu’aux déformations françaises.

Les déformations françaises entrevues auparavant ont pour la première fois été l’objet d’un travail méthodique en 1838, lorsque Foville, médecin de l’asile des aliénés de Saint-Yon, dans la Seine-Inférieure, le même qu’avait illustré Parchappe, donna la description d’une déformation particulière qui se présentait, à divers degrés, sur un grand nombre de ses malades et à laquelle il ne donna pas de nom.

C’était, comme le montrent les dessins qu’il en a publiés et entre autres la figure MO ci-contre, la déformation du crâne que Broca présenta en 1872 à la Société d’anthropologie sous le nom de déformation toulousaine et que j’appelle simplement déformation française relevée , en m’appuyant sur le fait qu’elle se rencontre ailleurs que dans le sud-ouest de la France, ainsi que l’attestent les dessins mêmes de Foville pour la Seine-Inférieure. Toutefois, en \ 844, Foville, dans son Anatomie du système nerveux , parle d’une autre déformation allongée et cylindroïde qu’il a rencontrée, dit-il, en Normandie, en Gascogne, à Paris, dans le Limousin et en Bretagne. Il en donne pour exemple un certain crâne dit de Blandin, que le Musée Broca possède à présent : il répond exactement à la dernière description de Foville, mais nullement à la première de 1838. Foville a donc vu deux formes différentes.

En 1852, à son tour, M. Lunier signale à l’asile des aliénés de Niort, dans les Deux-Sèvres, quatre types, le premier se réduisant à un aplatissement, le second à une dépression bregmatique, tous deux s’accompa-

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