CHAPITRE XX
gnant d’un allongement dn crâne, le troisième et le quatrième, de simples de-rés l’un de l’autre, dans lesquels la dépression bregmatique est continuée soit en bas, soit obliquement en arrière par une dépression circulaire. Mais déjà des déformations analogues avaient été signalées ailleurs, par M. Blanchard dans la Creuse et la Corrèze, par M. Délayé à Toulouse, et parM. Alquié à Carcassonne, Narbonne, Castres et les; environs de la Montagne Noire. On reconnut bientôt que leur prédominance se rencontrait dans la Haute-Garonne, donnant la main vers l’est à l’Aube et à l’Hérault, et vers le nord au Tarn, au Gers et aux autres départements déjà indiqués.
La façon de produire ces déformations consistait en coiffuies plus qu’en procédés voulus. La plus simple était un foulard appliqué par
Fig. 110. — Déformation décrite par Foville dans la Seine-Inférieure ; toulousaine de Bioca ,.
française relevée pour moi.
son plein sur le front, remontant plus ou moins haut et venant s’attacher soit en arrière sous le vertex, soit en bas sous la mâchoire en passant sur les oreilles, que Foville a souvent trouvées déformées aussi. Quelquefois le mouchoir, parti dans ce cas du front, se croisait sous la nuque et revenait s’attacher et faire un nœud sur la nuque ; de là deux pressions au front et au bregma séparées par un intervalle libre, ce qui peut donner lieu à un aspect de la voûte rappelant certains des crânes de notre 4° groupe. Au nord de Paris, nous avons encore vu dans notre enfance de semblables coiffures, portant le nom de marmotte, et personne ne songeant qu’elles pussent engendrer des déformations du crâne. D’au-
DÉFORMATIONS ETHNIQUES FRANÇAISES. 753
très fois ce sont des bandeaux, des serre-tête, des béguins, des rubans allant jusqu’à neuf à Toulouse, des bonnets dans lesquels interviennent une sorte de calotte dite colbach et un fil de fer appelé arcelet dans les Deux-Sèvres, bref de véritables appareils (1).
En somme, les crânes déformés français qu’il nous a été donné de voir, notamment les 25 rassemblés par nous dans la vitrine du Musée Broca destinée à l’étude de cette question, se réduisent à quatre types : le premier, frontal simple; le second, fronto-bregmatique simple relevé (fig. 106 et' 107); le troisième, cylindrique allongé de Foville on couché; le quatrième, allongé et couché, mais, en plus, annulaire verticalement. Ce dernier pourrait s’appeler à volonté bilobé , klinocéphale ou annulaire et simulerait parfois à s’y méprendre la scaphocéphalie annulaire, n’était l’absence de synostose sagittale.
Fig. 111. — Déformation sans nom de Foville; toulousaine de Broca; française relevée
pour moi (à compression fronto-bregmatique).
La connaissance des déformations françaises appela l’attention, et des coutumes analogues furent découvertes çà et là en Europe comme en Suisse et diverses parties de la Russie (2). On se souvint alors que les Parisiens eux-mêmes avaient été indiqués en 1741 comme se déformant la tête, ce que mes recherches dans les catacombes sur les crânes antérieurs à cette époque confirment; que les Belges déformaient artificiellement la tête de leurs nouveau-nés au seizième siècle, d’après Bodin et Spiegel; que les Germains avaient été signalés dans le
(1) A. Foville, Influence des vêtements sur nos organes. Déformation du crâne résultant -de la méthode la plus générale de couvrir la tête des enfants. Paris, 1834. — Lunier, Recherches sur quelques déformations du crâne, observées dans le département des Deux- Sèvres. Paris, 1852. — F. Delisle, Des déformations artificielles du crâne. Thèse inaugurale. Paris, 1880.
(2) E. Pokvowsky, De la déformation du crème dans différentes parties de la Russie . Congrès d’anthrop. de Moscou, 1879. Anal, in Rev. anthr., 1882.
Topinard. — Anthropologie.