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CHAPITRE XXI

teur, sur 32 Négritos, trouve 9,4 p. 100, tandis que les Papous de la Nouvelle-Guinée ont 3,2 p. 100, les Tasmaniens 2,2, etc. Les contradictions s’observent surtout dans les races jaunes où les Chinois ont 9,1 tandis que les Mongols ont 2,3, les Malais 2,1 et les Américains 1,6.

Néanmoins M. Anoutchine résume lui-même son propre tableau comme il suit :

Fréquence de la suture médio- frontale.

10,078 Européens . 8.7 p. 100

621 de race mongole . 5.1 —

698 Mélanésiens . 3.4 —

892 de race malaise . 1.9 —

939 Nègres . 1.2 —

199 Australiens . 1.0 —

Ce qui ne l’empêche pas, reprenant la thèse de M. Welcker et en montrant les contradictions encore avec elle-même dans ses propres chiffres, de conclure que l’intelligence, ce qui sous-entend ici l’augmentation de volume des lobes antérieurs du cerveau, est le facteur principal dans la production du métopisme.

M. Calmette a touché à la question de l’influence des manœuvres qui produisent la déformation, sur ce métopisme; sur 377 crânes de Péruviens il n’en a trouvé que 4 p. 100 de métopiques, et sur ce nombre la moitié, assure-t-il, n’étaient pas déformés. L’influence de la compression du crâne pour amener sa déformation, sur la persistance de la suture médio-frontale, serait donc nulle.

Les causes qui entravent l’évolution ostéogénique du frontal au point d’éveiller une disposition ancestrale qu’on eût pu croire éteinte, à demeurer double jusqu’à l’âge mûr, simples et faciles à comprendre en théorie, sont donc obscures en fait. A la suite d’une croissance du cerveau trop forte à l’époque où se soudent les deux frontaux de l’homme, l’hydrocéphalie générale ou frontale, passagère ou persistante, se produit aisément et suspend dès lors l’occlusion des sutures les plus exposées : « Le métopisme, dit Broca, correspond à un agrandissement notable de la loge cérébrale antérieure, survenu pendant la première enfance, tantôt sous l’influence d’un développement rapide des lobes frontaux, tantôt sous l’influence d’une hydrocéphalie légère dont on retrouve les traces en. d’autres points du crâne. »

On s’est préoccupé des caractères propres que présentent les crânes métopiques par rapport à ceux de la race à laquelle ils appartiennent. Ces crânes seraient, toutes choses égales, plus brachycéphales, auraient le front plus large et plus droit, les bosses frontales plus écartées, l’intervalle orbitaire plus grand, les sinus frontaux moindres. Mais ce sont là aussi les symptômes de l’hydrocéphalie que nous venons de dire en être la cause pathologique la plus probable.

ANOMALIES DU PTERION.

Une statistique que nous avons dressée sur 475 crânes d’aliénés adultes semble indiquer en effet que l’origine du métopisme serait bien plutôt pathologique que physiologique, La proportion de sutures médio-frontales y était de 14,98 p. 100. En ne prenant que les crânes n’offrant aucune autre anomalie évidente, ce qui réduisait leur nombre à 361 , la proportion s’élevait même à 17,7 p. 100.

L’histoire du métopisme est, en somme, encore à faire. Est-ce un caractère de perfectionnement ou une réversion quel que soit le mécanisme qui le produit, une adaptation indiquant le sens dans lequel l’organisation progressera dans l’avenir ou un état pathologique? Nous avons montré que l’hypertrophie du cerveau mène au génie comme à la folie et que la distinction n’est peut-être qu’une affaire de relation avec notre manière subjective de rapporter à notre point de vue les phénomènes de la nature. Le dédoublement du frontal n’en serait-il pas le corollaire; n’indiquerait-il pas l’effort de l’encéphale pour se faire une place dans sa boîte et, se rencontrant davantage dans les races supérieures, ces races ne payeraient-elles pas un plus fort tribut à l’état pathologique qui en résulte souvent? Ce serait le combat pour le progrès avec ses sacrifiés à la cause commune (1).

Anomalies ptérion. — Le ptérion est la région latérale du crâne située en arrière des orbites, dans la fosse zygomatique où se rencontrent quatre os : le frontal, le pariétal, le temporal et le sphénoïde, auxquels s’ajoute quelquefois au-dessous du frontal un cinquième, le jugal. Il désigne plus particulièrement les sutures que ces os forment par leur rencontre et qui varient d’une espèce à l’autre (2).

En règle générale chez les mammifères c’est la grande aile du sphénoïde qui s’articule par une étendue plus ou moins grande avec l’angle antéro-externe du pariétal, laissant le jugal et le frontal en avant et le temporal en arrière. G’est le ptérion en H de Broca, ce que j’appellerai le type sphéno-pariétal. Tantôt la grande aile du sphénoïde, méritant son nom, s’élève pour rejoindre le pariétal, comme chez l’homme, le chien, le renard, le chat, le raton (plantigrade), le kangourou, le dauphin. Tantôt, au contraire, cette aile est courte et étroite, tandis que l’angle pariétal envoie à sa rencontre une expansion large et longue, comme chez le bœuf, le chevreuil, le mouton, le phoque (amphibies) : le ptérion est alors placé très bas.

Dans quelques espèces, l’aile du sphénoïde est encore petite, mais l’angle du pariétal reste court, en sorte que le temporal et le frontal arrivent au contact. C’est le ptérion retourné de Broca, ce que j’appellerai

(1) Williamson, On the human cranta. Dublin, 1857. — Calmette, De la suture médiofrontale ou métopique. Paris, 1878. — Pozzi, Art. Crâne, p. 480, in Dict. encycl. sc. méd. 1879. — Pianke, I+es crânes de la population des campagnes de Vancienne Bavière , in Beitrage zur Anthr. Bayeras, Anal, dans Revue d’anthr. 1882. — Anoutchine, De la suture médio-frontale chez l’adulte , dans les races humaines. Anal, dans Revue d’antlir., 1883.

(2) Voir pages 544 à 552.

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