CHAPITRE XXI
le type temporo-frontal. Tout à l’heure, la suture principale du ptérion était dirigée d’arrière en avant, ici elle est dirigée de haut en bas. Ainsi chez le cheval, le cochon, le lapin, la belette.
Chez les singes, s’observent les deux types : le principal ou sphéno-pariétal chez le céhus, le macaque, le cercopithèque, le mycète, l’orang et le chimpanzé; le temporo-frontal chez le semnopithèque.
Comme variante du premier type se présente le cas où la suture verticale antérieure de l’H est formée par le jugal au lieu du frontal. Une variété du second est le cas où le temporal s’articule non seulement avec
Fig. 127. — Série d'exemples des variétés d’anomalies du ptérion.
F, frontal; T, temporal; P, pariétal; S, sphénoïde; M, malaire.
I. Ptérion en H de Broca. — JI. Ptérion en K. — III. Ptérion retourné de Broca, par apophyse venant du frontal. — IV. Ptérion retourné par apophyse venant du temporal.
V. Ptérion en H montrant le mécanisme de la production du ptérion en K aux dépens ici du temporal. — VI. Os wormien ptérique produit par la séparation cl une apophyse du temporal comme celle de la figure IV. — VII. Os wormien ptérique double. — VIII. Os wormien de la suture temporo-frontale s’acheminant vers la production d un ptérion retourné.
le frontal, mais aussi avec la petite aile du sphénoïde. L’une des variétés, mais alors individuelle, qu’on rencontre le plus fréquemment, h peu près dans toutes les espèces, résulte de l’interposition d’os wormiens, fait important à noter.
L’homme rentre donc dans le type le plus répandu chez les mammifères, le sphéno-pariétal, mais il présente également le type temporofrontal à titre d’exceptions excessivement rares dans les races supérieures et moins rares dans les races inférieures, ce qu’on peut considérer alors comme une réversion non vers les anthropoïdes ou les singes en général,
ANOMALIES DU PTÉRION. 797
mais vers le gorille et le semnopithèque. La façon dont s’offrent à l’observation ces exceptions varie. Tantôt une dent ou une sorte d’apophyse en lamelle du temporal s’avance vers le frontal, tantôt mais plus rarement une dent ou apophyse analogue se détache du frontal. D’autres fois les deux os se rapprochent ou entrent simplement en contact par une étendue plus ou moins grande de leurs bords. D’autres fois enfin, et c’est le cas le plus commun, un ou plusieurs os wormiens se présentent que l’on peut rattacher à l’un des os suivants par ordre de fréquence : le temporal, la grande aile du sphénoïde, le pariétal et le frontal. Ces os restent libres, ou l’un d’eux se soude par l’un de ses côtés donnant lieu à l’apparence que nous avons dite d’une apophyse venant du temporal ou du frontal. Souvent même le type exceptionnel fronto-temporal n’est obtenu que par l’intermédiaire d’os wormiens.
Assurément la jonction du temporal avec le pariétal chez l’homme se produit naturellement à titre de réversion pure ou de retour vers le type de quelque espèce animale précédente de la série des mammifères. Mais assurément aussi le mode de production par des os wormiens dans l’enfance, c’est-à-dire par une déviation du travail d’ossification chez l’individu, est un procédé commun.
M. Anoutchine, qui distingue le type temporo-frontal du ptérion par rapprochement simple des deux os, de celui par apophyse , va jusqu’à dire que chez les mammifères au-dessous des singes on ne rencontre que le premier mode et chez ceux-ci que le second mode. Ce qui n’est pas éloigné de l’idée que, dans le premier cas, la jonction des deux os est naturelle, tandis que dans le second, chez les singes, elle serait due au développement et à une annexion d’os wormiens. D’où la pensée que le mode suivi par l’évolution pour progresser dans un certain sens dans les os estpar déviation du travail ostéogénique, quelle que soit la cause de cette déviation. La persistance de la suture médio-frontale et de la suture interpariétale et autres sutures supplémentaires du même os occipital nous a laissé entrevoir une conclusion semblable. Dès lors on aboutit aux idées de M. Ranke. Ayant trouvé sur les populations bavaroises le type temporo-frontal du ptérion plus fréquent dans les montagnes que dans les plaines, il en conclut que l’alimentation et le genre de vie pendant l’enfance ont la part principale dans la production de ce type.
Reste à indiquer le degré de fréquence de cette anomalie dans les races. Broca admettait le ptérion normal en H, le ptérion retourné en as , un premier degré de ce dernier en K et enfin le ptérion avec os wormiens. Il mesurait dans le premier cas la longueur de la suture sphéno-pariétale, ou largeur de la grande aile du sphénoïde, dans le deuxième celle de la suture temporo-frontale, ce qui par un système d’addition et de soustraction facile à comprendre lui donnait la moyenne dans les races ou séries de crânes. Il va sans dire, la règle générale dominant les exceptions, que la moyenne se rapporte toujours au type normal, mais plus