CHAPITRE XXL
ou moins amoindrie par la somme des exceptions. Neus n’avons pas en mains ses mesures sur ce point, nous espérons cependant les publier un jour.
Les statistiques les plus générales sur le sujet sont de M. Anoutchine. Il a relevé cinq termes, la plupart sur 15,169 crânes; le chiffre est considérable et, connaissant la difficulté et la lenteur de ces recherches, on peut craindre que, pour certaines, M. Anoutchine n’ait été vite. Les os wormiens surtout, plus ou moins libres ou visiblement soudés, sont une complication, il faut regarder les deux côtés qui rarement sont semblables. Sous cette réserve je reproduis la proportion par races qu’il a rencontrée pour ce qu’il appelle l’apophyse frontale du ptérion, ou apophyse venant du temporal, ou ptérion retourné de Broca (1).
9,687 Européens, prop. sur 100. . . 1.6
775 Américains, — 1-5
596 Mongols, Malais et Polynésiens, — 3.7
697 Papous, — 8.6
884 Nègres, — « . YiA
210 Australiens et Tasmaniens, — 12.9
La conclusion à en tirer est conforme à celle qui résulte de nos relevés sur les crânes du musée Broca. Le ptérion retourné est moins rare dans les races inférieures, notamment chez les Australiens, les Néo-Calédoniens, les nègres d’Afrique et plus rare dans les races européennes où l’on entrevoit des différences sensibles.
L’objection à la doctrine de M. Ranke, c’est que les montagnes où le ptérion retourné est plus fréquent ne sont pas habitées par la même race en moyenne que les plaines. -Mais si la fréquence du type exceptionnel du ptérion retourné varie suivant les races, si elle est plus grande dans les races les plus rapprochées des groupes zoologiques voisins de l’homme; si donc ce type constitue un caractère d’infériorité, l’hygiène et l’alimentation pendant l’enfance ne gouvernent pas ou ne gouvernent pas seuls sa production. Ce qui ramène à l’idée la plus acceptée que le ptérion retourné est avant tout un caractère de réversion.
On a rapproché à tort des anomalies qui précèdent un enfoncement particulier du ptérion désigné sous le nom de sténocrotaphie . Sur 100 crânes parisiens métopiques que j’avais sous la main aujourd’hui même, j’ai mis à part tous les cas de sténocrotaphie certains d’un seul ou des deux côtés par dépression du ptérion (variété ordinaire) ou par exhaussement des deux os frontal et temporal ou d’un seul (variété assez commune). Il s’en est trouvé 23 cas d’un côté ou de l’autre, ou 1 1 cas et demi complets ; tous avaient le ptérion normal en H. Sur les mêmes 100 crânes 3 seulement
(1) Anoutchine, Des anomalies du ptérion. Analyse dans Revue d’anthr., 1882. — Ranke, Les crânes de l'ancienne Bavière. Analyse dans Revue d’anthr., 1882, p. 728. — Broca, Instructions craniologiques , 1875.