‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 691 sur 980 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

pn 1S72 et depuis par M. SchaafThausen. Voici en quoi celles-ci consistent.

Ghez l’Européen typique, le Basque particulièrement, puis le Kymri tvniciue l’ouverture nasale tout entière a la forme d’un cœur de carte à jouer sens dessus dessous, l’épine nasale représentant la pointe médiane, les deux échancrures formant les côtés. Celles-ci sont limitées par un bor simple, tranchant, en arrière duquel, et habituellement en contre-bas, es

le plancher des fosses nasales. ^

Dans les types européens inférieurs et çà et là dans les races que 3 ap-

nellerai moyennes le bord s’émousse, puis s’arrondit d’arrière en avant; en même temps, l’épine diminue ou ses deux pointes s’écartent ce qui enc à confondre les deux échancrures en une et à remplacer la délimitation nette précédente entre les fosses nasales et la face antérieure de la région sous-nasale du maxillaire par une sorte de plate-forme. Ce dernier

aspect est commun chez les nègres d’Afrique .

A un degré plus avancé le reste du bord transversal répondant aux échancrures se partage en deux lèvres, l’antérieure se déprime, s’abaisse

et l’on a une disposition en dos d’âne.

A un degré plus avancé, et alors nous tombons dans les races les plus inférieures, l’abaissement ci-dessus, de chaque côté, s’allonge dans la direction des alvéoles des secondes incisives latérales ; le bord vertical latéral de l'ouverture nasale envoie une sorte de pilier dans la direction de la canine et l’on a le degré extrême que j’ai qualifié de gouttières simiennes. Le plancher des fosses nasales et la région alvéolaire des inci-

sives se font suite. . . ...

Plusieurs variantes de ces dispositions existent sur lesquelles j ai

insisté dans mon mémoire; mais rarement, j’y reviens, toute une série de crânes présente l’une ou l’autre de ces dispositions. Chez les Basques par exemple on pourra rencontrer par exception, non le dernier degré mais l’un des degrés inférieurs de la série, de même que chez l’Australien ou le Néo-Calédonien pourra s’observer une forme européenne. C’est encore une question de proportion de telles ou telles formes. . .

Voici un échantillon des statistiques que j’ai dressés d’après ces principes, dans deux séries ; l’une d’Auvergnats, l’autre de Néo-Calédoniens (1) :

Échancrures nasales.

Auvergnats.

A. Bord tranchant . 38 cas-

A\ — émoussé . 43

B. — épais et arrondi . " ~

q. — décomposé en deux lèvres, parfois trois, ou en plate-forme.. 10 —

D. — abaissé (1er degré de la gouttière) 3 —

E. Gouttières simiennes . 0 —

Néo-Calédoniens.

0 cas.

m Toninard Du prognathisme alvéolo-sous-nasal in Revue d’antlir , 187;’ p’ G34b639* T)u\ord inférieur des narines sur le crâne et des caractères de supériorité et d infériorité qu'il fournit, in Bull. Soc. anthr., 1881, p. 184-192.

Les caractères zoologiques de la nature de ceux que nous venons de décrire en dernier lieu sont nombreux. Tels seraient encore la simplicité des sutures de la voûte du crâne dans les types dits inférieurs, par opposition à d’autres dits supérieurs; l’horizontalité de la suture de l’écaille du temporal, dont l’expression élevée est représentée au contraire par une belle courbe arrondie ; les caractères tirés du menton, des apophyses géni, de la branche postérieure de la mandibule; la disposition plus ou moins aplatie et la direction plus ou moins oblique de la surface articulaire inférieure du temporal destinée à la mâchoire, tendant vers la disposition des herbivores ou vers celle des carnivores; une foule de particularités tirées des dents, de leur volume relatif, de leurs racines, etc.

Ce sont ces sortes de caractères, associés à ceux d’ordre eraniométrique auxquels nous allons passer, que les anthropologistes pressés, et des meilleurs, aiment à rassembler pour en créer un type qu’ils attribuent à notre ancêtre préadamite, præcursor cintiquus. Pur artifice! L’observation montre que dans les races les plus inférieures connues de nous, il se rencontre souvent des caractères qui, à ce point de vue, les placent audessus même des races blanches ; et, réciproquement, que dans celles-ci on rencontre quelquefois des caractères d’infériorité ou de médiocrité qui les rabaissent.

Ce qui a créé l’homme de la façon la plus miraculeuse, bien que par des causes naturelles, c’est-à-dire l’accroissement plus ou moins rapide du cerveau et l’acquisition progressive du langage, quel qu’ait été des deux le phénomène initial et principal, a aussi bien pu éclater dans un organisme inférieur que dans un supérieur. Les anthropoïdes que nous connaissons, et dont les anthropologistes précédents ont l’ambition de descendre, sont peut-etre des anthropoïdes arrêtes, fixes dans leur supériorité d’alors et n’ayant pu évoluer ; tandis que ceux qui nous auraient engendrés peuvent avoir été des espèces relativement inférieures dansie genre, mais que la chance a favorisées. Il n’y a aucune liaison entre la propriété de l’encéphale de pouvoir s’affoler à un moment donné dans sa croissance, et les cheveux laineux ou droits, la peau noire ou blanche, le prognathisme, etc.

Cet assemblage de caractères réputés inférieurs, recueillis de tous côtés presque sans choix, préjuge du reste d’une question qu’il est sage de réserver, l’unité ou la pluralité d’origine de l’homme. La circonstance qui a neutralisé la force d’inertie ou de permanence des types, en particulier de l’encéphale, d’une espèce animale donnée et l’a entraînée à croître et à se perfectionner, a pu tout aussi bien se présenter plusieurs fois. L’opération de la réduction des caractères les uns en les autres conduit à la rigueur par de là les brumes d’un passé incommensurable à un type humain unique; mais elle conduit plus aisément et naturellement à deux ou trois types très distincts dès leur origine.

Page 1