PLANS D’ORIENTATION
tation du crâne, conforme à l’attitude naturelle de la tête en équilibre sur la colonne vertébrale et regardant en face, se rattachent à deux idées : l’une purement esthétique dans le sens strict de l’étymologie de ce mot, l’autre s’appuyant sur une donnée physiologique plus ou moins rationnelle. Qu’on les appelle lignes ou plans, il importe peu ! une ligne avec sa congénère du côté opposé donne lieu à un plan. La plupart sont horizontaux ou réputés tels, deux sont verticaux; ce qui est indifférent, les deux ordres de plans étant réciproquement perpendiculaires et s’engendrant mutuellement.
Voici comment, d’une façon constante, lorsqu’on y apporte une certaine méthode, prend naissance le plan esthétique et comment tous ont procédé, depuis Camper jusqu’à Virchow. On saisit le crâne d’une main et on l’élève à la hauteur de ses yeux, on le place en tâtonnant dans la situation qui paraît la plus conforme à l'idée qu’on se fait d une attitude correcte de la tête, on recommence sur une série de crânes, et on cherche dans tous ces cas quels sont les deux points anatomiques de la norma latérale qui se trouvent en ligne horizontale et sont susceptibles d’être adoptés ensuite comme points de repère. Mais il n’y a pas d’impression sans motif, elle s analyse ou non, c est toute la différence entre certaines. Les uns, consciemment ou inconsciemment, font intervenir l’axe des orbites, la projection de la face, la situation respective du front et du menton, l’horizontalité de la courbe du vertex, celle de 1 arcade zygomatique, de la ligne de contact des dents, la situation du trou auditif; on tient compte, en général, de toutes ces choses, mais en s’abandonnant plus à l’une ou à l’autre.
De là les dissidences sur la meilleure ligne à adopter et la multiplicité de celles qui ont été prises, rejetées et remplacées. En voici la liste à ma connaissance :
1° Par ordre de date, et je ne l’indique que pour ce motif parce qu’elle a trait au vivant seulement : V horizontale d Albert Durer qui passe par l’extrémité inférieure du lobule de l’oreille et par la base du nez ;
2° L'horizontale de Camper ou auriculo-spinale ;
3° Le plan horizontal de Spix (1815), devenu le plan alvéolo-condylien de Broca, qui est tangent à la face inférieure des deux condyles de l’occipital et au point médian le plus déclive du bord alvéolaire supérieur ;
4° Le plan de Morton (1839) passant par les points culminants des
quatre bosses frontales et pariétales;
5° L'horizontale de Dumontier (antérieure à 1842), devenue la ligne de Baer, adoptée par le congrès de Gœttingue en 1861 ; elle longe le bord
supérieur de l’arcade zygomatique ;
6° L 'horizontale de Lucœ (1837) passant par l’axe même de l’arcade
zygomatique ;