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CHAPITRE XXIII

en une seconde sur les trois points de repère du crâne, on rabat leîtout sur le piédestal qui, avec l’épaisseur de la planchette, a 10 centimètres de hauteur, et tout est dit. On photographie le crâne dans cette position, on dresse sur ses côtés des équerres, sur lesquelles glissent à leur tour d’autres équerres petites ou grandes, et l’on obtient directement toutes les projections qui peuvent venir à l’esprit; quelques balles de plomb pour mettre dans les orbites, lorsque le crâne tend à basculer en arrière, composent tous les accessoires.

A, piédestal ; B, planchette horizontale (hauteur totale des deux 10 centimètres); C, ral longe de la planchette; D, petite équerre graduée à son bord supérieur pour les projections horizontales ; E, grande équerre pour lire les projections verticales.

Pour certaines projections horizontales rapportées à l’opisthion, ou au basion, la même planchette, percée d’un trou par lequel pénètre la tige de la planche à projection de Broca, suffit. Nous ne comprenons pas, en vérité, qu’il puisse y avoir la moindre hésitation entre ce plan et les divers plans allemands. Les Allemands emploient à peine la méthode directe des projections ; nous le comprenons, ils ne peuvent pas faire autrement avec leurs plans, la moindre tentative dans ce sens est d’une complication qui décourage promptement. Paralysés par l’incommodité de leur plan d’adoption, ils en sont réduits à ne faire de la méthode des projections que par approximation et à croire que cela suffit. Je me suis même souvent demandé si tous se rendent compte des erreurs auxquelles ces approximations donnent lieu.

En les voyant opérer avec des instruments ne s’adaptant nullement à la méthode et orienter le crâne sans règle définie, prendre un bout de bois ou tout autre objet en guise d’équerre, ou se fiant à leurs yeux, je ne puis

STÉRÉOGRAPHIE.

comprendre l’épithète de géométrique d-ontils décorent cette méthode. Géométrique dans leur pensée, volontiers! mais dans leur pratique, jamais. Bien entendu que je parle en général, car je pourrais citer des savants allemands opérant très correctement, et l’instrument de Spengel fait foi qu’il y en a qui comprennent parfaitement les exigences de la méthode.

Je reste donc confondu de la prétention récente du congrès de Francfort (1), de vouloir universaliser la méthode des projections, dans des mesures courantes qu’il faut prendre vite et bien. Fort heureusement que l’acceptation de la méthode pour ces mesures fondamentales, par un nombre considérable de savants, est plus apparente que réelle, et que beaucoup sur la liste continuent à agir comme auparavant, c est-à-dire à suivre les méthodes de Baer, Yan der Hoeven, Morton, Broca et Flower. Je n’insiste pas davantage, ayant le projet, dans l’un des prochains chapitres, de mettre en présence les principales listes de mesures craniométriques, et de me résumer à leur égard.

îStéréograpiiie. — La branche de la craniométrie que Bioca a désignée sous ce nom découle tout entière de la méthode des projections, et sa valeur par conséquent du plan choisi. A plusieurs reprises déjà nous avons montré combien il est indispensable, en toutes circonstances, d’orienter le crâne correctement avant de le dessiner par ses faces antérieure, postérieure, supérieure et inférieure ; car pour la face latérale on peut procéder à l’orientation après coup, sur le dessin même si les points de repère sont visibles. Pour les artistes, qu’ils s’aident ou non de la mise en carré, c’est une condition sine qua non , lorsqu’ils travaillent pour les ouvrages d’anthropologie. Pour les craniologistes qui veulent ensuite se servir de leurs épures pour mesurer des lignes et des angles, c’est encore plus nécessaire. Il faut même dans ce dernier cas que les épures soient faites d’une façon presque mécanique, à l’aide d’un instrument dont on n’ait qu’à soutenir l’aiguille.

La stéréographie se compose de deux phases : 1 une où 1 on fixe le crâne dans la position qu’il doit avoir ne varietur, l’autre où l’on opère en un, deux ou plusieurs temps. 11 va sans dire qu’en réduisant ceux-ci on obtient des dessins sur lesquels les chances d’erreur sont d’autant plus diminuées. L’Allemagne, il m’a paru, est en retard dans l’une et l’autre de ces étapes. Chez elle le crâne est le plus ordinairement soutenu dans un cadre de bois à l’aide de tiges en fer, qui viennent de divers côtés s’arcbouter sur des points opposés. L’orientation du crâne par ce système est longue et laborieuse; il faut relever une aiguille, en abaisser une autre, recommencer, s’assurer que les points de repère des lignes d’orientation, deux de chaque côté, sont de niveau. Au moment où l’on se déclare satisfait, tout parfois s’écroule, c’est à recommencer.

(1) C’est au moment où j’écrivais ce chapitre que je reçus ce fameux projet de Franc foi t auquel j’ai répondu çà et là par anticipation. Je n’ai rien à modifier à ce que j ai ainsi

déjà dit.

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