‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 738 sur 980 · PROFIL DE LÀ FACE · texte numérisé non relu

PROFIL DE LÀ FACE

à la main, trois temps; avec la méthodeVrançaise courante par l’un ou l’autre de ces trois instruments il n’y a qu’un seul temps, une seule opération, c’est-à-dire une seule chance d’erreur contre deux ou trois. Dans la méthode allemande, il y a à se défier particulièrement du report du tracé à l’encre de la glace sur le papier; en France ce report est supprimé. De plus avec la méthode allemande il faut une journée pour dessiner les cinq aspects du crâne; en France une heure suffit amplement.

C’est donc avec quelque raison que je me suis permis de dire que l’anthropologie allemande est en retard avec la stéréographie ; nous n’aurions pas notre dessinateur horizontal qui est antérieur et supérieurà l’appareil deLucæ, que notre stéréographe et notre craniophore avec son plan alvéolo-condylien si pratique seraient des titres suffisants en notre faveur. Broca est mort, il faut savoir lui rendre la justice qui lui est due. Sa nomenclature si intelligemment conçue et sa stéréographie sont au nombre des services signalés qu’il a rendus au monde anthropologique.

Crâne facial. — Profil de la face. — NOUS avons étudié les lignes ophryo-basilaire, naso-basilaire et naso-éphippio-basilaire, considérées par les uns ou les autres comme la limite supérieure de la face, puis les lignes mento-basilaire et dento ou alvéolo-basilaire donnant la limite inférieure soit de la face supérieure munie ou non de ses dents, soit de la face totale. L’examen de la ligne ophryo-mentonnière complète les lignes ayant trait à l’ensemble du crâne facial.

Chez les hommes dont le profil est droit ou orthognathe , la ligne ophryomentonnière est presque droite, par exemple chez un certain nombre d’Européens. Mais chez la majorité elle se brise au niveau de la jonction des dents et se décompose en deux lignes, l’une faciale supérieure, l’autre faciale inférieure, formant entre elles un angle obtus très ouvert. Cet angle diminue dans les races inférieures dites prognathes. Chez les anthropoïdes et quelques singes il dépasse encore 90°. Chez les carnassiers et autres mammifères il devient aigu. Chez les oiseaux il atteint son maximum d’acuité. Je lui donne le nom d’angle maxillaire de Camper.

Angle maxillaire de Camper. — Cet angle a été décrit, en effet, par cet auteur et mérite cette dénomination.

Il est représenté dans la figure n° 154 par l’angle MGS et est sur les planches de Camper de 190° chez l’Européen, de 152° chez le Kalmouck, de 120° chez le nègre, de 112° chez un Orang jeune et de 94° chez un singe cercopithèque, chiffres qui diffèrent notablement des miens pour l’Européen et le nègre, les autres étant exacts. Cet angle se mesure avec facilité à l’aide du compas à trois branches ou d’un goniomètre des plus élémentaires, formé de deux lames de scie articulées, que l’on transporte ensuite sur le rapporteur.

Voici d’abord ce qui concerne la comparaison zoologique :

Angle maxillaire de Camper . — I.

Homme moyen . 165°

5 Orangs . 109. a

5 Gorilles . 102.

2 Chimpanzés . . 99. A

3 Semnopitlièquos . 107.

1 Cynocéphale . 9G.

2 Macaques . 82.

3 Mycètes (Cébiens) . . . 108.

1 Jaguar . . . 91°

3 Chiens . . . 78.

1 Renard . 63.

1 Cheval . 70.

1 Lièvre . 57 .

1 Kangourou . 39.5

1 Mouette (oiseau) . 34.0

11 en résulte d’une façon péremptoire que l’angle maxillaire] est un caractère zoologique, comme il nous est donné rarement d’en rencontrer,

Fig. 154. — Extrait du mémoire de Camper.

MG S, angle maxillaire de Camper; N KD, horizontale de Camper; MT G, ligne aciale de Camper. Sommet virtuel de l’angle de Camper à la rencontre des deux, entre N et K.

et qu’il distingue très nettement les genres zoologiques entre eux, legrand groupe des singes et des anthropoïdes ici réunis, et l’homme qu’il isole au faîte de la série des êtres presque aussi bien que le volume du cerveau et l’attitude bipède. Du kangourou à l’homme moyen la distance est de 116° ; à partir du lièvre, elle est encore de 98°, du renard, de 92°. Entre les anthropoïdes et l’homme l’intervalle est de 45°, une quantité proportionnelle que nous n’avons peut-être jamais rencontrée. D’autre part, autant que j’ai pu en juger, le caractère a une constance remarquable, je n’ose pas dire dans le même genre, mais dans la même espèce. Les^deux

Page 1