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ANGLE MAXILLAIRE DE CAMPER

semnopithèques maures varient de 102° à 111°, les 3 mycètes de 106° à 110°, les 5 gorilles de 100° à 104°, les 5 orangs de 103° à 113°. Dans les formes fixes du genre Ccinis, ce peu de différences intrinsèques est très frappant. Entrons dans les détails pour l’homme.

Angle maxillaire de Camper. — II.

25 Parisiens (hommes) . 165° 2

10 — (femmes) . 160.2

25 Européens divers . . . 160.0

2 Parsee de Calcutta . 163.0

6 Tatars du Caucase . 160.7

18 Races jaunes diverses . . 154.0

20 Néo-Calédoniens (hommes) . 153.8

8 — (femmes) . 152.5

3 Fidjiens de l’intérieur . . 144. 1

2 Andamans, . 144.0

1 Tasmanien. . . . 145.0

4 Australiens .

24 Nègres d’Afrique (hommes) . 147.5

10 — (femmes) . . 142.8

Les résultats ne sont pas moins remarquables : des Parisiens aux nègres d’Afrique, en s’en tenant au même sexe masculin, la distance est de 18°. ce qui laisse encore 37° avant d’atteindre la moyenne la plus élevée des anthropoïdes. Quant aux cas individuels, ils s’étendent de 178° (ce qui est loin des 190° de Camper) à 137°, laissant un vide absolu de 14° avant d’arriver au cas particulier le plus favorisé chez les anthropoïdes. Si maintenant on compare les moyennes de races, les Européens les plus élevés et les Parsee par là réclamant leur titre séculaire à faire partie de ce groupe, les Tatars du Caucase donnant la main aux races jaunes, les nègres d’Océanie se distinguant par là des nègres d’Afrique, sans parler de la différence entre les hommes et les femmes, celles-ci ayant toujours un angle moindre, on est conduit à reconnaître que le caractère est non moins valable que tout à l’heure pour distinguer les races humaines. Bon caractère zoologique et bon caractère anthropologique, il constitue une exception à la règle, que nous avons le plus souvent constatée; il est bon des deux côtés et sériaire au plus haut degré, sa gradation se continuant dans le sein du genre humain comme elle s’est continuée avant lui.

On s’étonne qu’un caractère aussi précieux ait passé inaperçu il y a un siècle et que depuis personne n’ait songé à le reprendre. C’est que la craniologie, abandonnant les voies ouvertes par Camper et Blumenhach, n’a guère été jusqu’ici que l’ostéologie et l’ostéométrie du crâne et qu’on a trop facilement écarté la mandibule de l’étude du reste de la face. ‘Évidemment on ne fera pas que les mâchoires inférieures se conservent moins bien dans les sépultures; qu’il ne soit difficile souvent de retrouver les crânes auxquels elles appartiennent et que les dents, qui dans les cas

Topinard. — Anthropologie.

particuliers ci-dessus existent, ne manquent le plus ordinairement. Mais on peut saisir davantage toutes les occasions de réunir les deux et de les mesurer en môme temps et au complet.

La haute valeur de l’angle maxillaire étant établie, il importe à l’avenir de s’en occuper davantage, d’autant plus que l’un et l’autre des deux procédés pour le mesurer sont simples et faciles. J’insisterai donc sur les quelques difficultés que cette mensuration présente.

La première précaution à prendre est de s’assurer que la mâchoire appartient au sujet, ce qui est aisé avec un peu d’expérience, en voyant si les mamelons et usures des dents se correspondent bien et si les condyles articulaires se rapportent aux cavités glénoïdes du temporal. Deux cas peuvent se présenter : ou bien tout s’adapte exactement sans effort, ou visiblement toute l’arcade alvéolaire, en particulier les incisives sont trop en arrière et remontent derrière les supérieures correspondantes. Ce dernier cas provient habituellement de ce que le ménisque interarticulaire était très épais sur le vivant et que le condyle reposait non dans la cavité glénoïde, mais sur la racine transverse de l’arcade zygomatique; ce ménisque n’existant plus sur le crâne, le condyle glisse, tombe en arrière dans la cavité glénoïde, entraînant le corps de la mâchoire et les incisives. Pour corriger ce défaut il n’y a qu’à placer entre le condyle et sa cavité le ménisque artificiel en caoutchouc dont nous avons parlé, ou à faire glisser toute la mâchoire jusqu’à ce que les couronnes des molaires en particulier et leurs mamelons s’ajustent exactement. Dès lors les incisives se rencontrent, sauf dans quelques cas où la région est mal conformée et où les incisives inférieures persistent à se maintenir en arrière des supérieures en remontant à leur face postérieure. Considérant ces quelques cas embarrassants, le point de' repère donnant le sommet de l’angle du maxillaire à mesurer doit être rapporté d’une façon constante moins à la jonction des incisives qu’au bord inférieur des incisives.

Une seconde difficulté se rencontre : la face antérieure des incisives supérieures est parfois convexe, en sorte que la ligne faciale supérieure prolongée ne peut atteindre le bord libre des incisives. La ligne faciale inférieure tirée du menton au point le plus saillant des dents, lequel est toujours à la surface des incisives supérieures, rencontre alors la ligne faciale supérieure un peu au-dessus de la jonction des dents. Peu importe : c’est la jonction des deux lignes qui est le point de repère vrai. Du reste la différence de degrés qui résulte d’une hésitation entre cette jonction et le point de contact des dents est si légère, eu égard aux grandes variations numériques de l’angle maxillaire, qu’il n’y a pas à s’en préoccuper. La différence provenant de la première cause, c’est-à-dire d’un recul de la mandibule, est bien plus importante. Vérifier les rapports de la mandibule avec la mâchoire supérieure est donc la seule recommandation essen-‘ tielle.

Chez les animaux, l’absence de menton embarrasse quelquefois ; pour

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