CHAPITRE XXIII
par l’angle qu’elle fait sur cette dernière. Toute autre ligne, pourvu qu’elle soit horizontale, rentre clans le même principe et lui aurait convenu, si on lui eût prouvé qu’elle était meilleure.
L’angle facial, pour rester dans la tradition, est donc l’angle que fait la ligne générale supérieure du visage ou de ce qui lui correspond sur le crâne, avec l’horizon. L'angle en particulier de Camper est l’angle que donne cette ligne avec l’horizontale auriculo-spinale qu’il avait adoptée. Nous aurons à élargir cette acception, à voir ce qu’il exprime et à nous préoccuper des circonstances de détail qui peuvent en troubler l’expression. Auparavant nous devons rester dans l’esprit qui lui a donné naissance et nous rendre compte brutalement de sa valeur dans ces conditions. Je renvoie à l’historique, page 73, pour les chiffres mêmes de Camper et je passe à ceux de Cuvier, qui a insisté particulièrement sur son usage pour distinguer les animaux. On se gardera bien de les confondre avec ceux qu’il a donnés dans son mémoire en collaboration avec Geoffroy Saint-Hilaire en 1794 et qui concernent un angle tout différent dont il sera question plus tard.
Cuvier a calculé ces angles par le procédé des triangles isocèles décrit dans les Instructions de la Société d’anthropologie, et n’a donné que des cas particuliers. Je simplifie sa liste et m’en tiens aux adultes, les angles faciaux quels qu’ils soient étant toujours plus petits dans l’enfance par suite du moindre développement de la face :
Angle facial de Européen adulte . 85°
Vénus hottentote . 71
Nègre . 70
Orang . 40
2 Gibbons . 54
4 Pitliéciens . . 52
2 Cébiens . 56
Camper (Cuvier).
2 Lémuriens . 38°
2 Chéiroptères . 37
1 Insectivore . 25
2 Plantigrades . 30
2 Digitigrades . 29
4 Canidés . 30
1 F élidé . 40
1 Amphibie . 32
2 Marsupiaux . 26
3 Rongeurs . 29
Les animaux présentent des différences assez grandes pour qu’on doive considérer cet angle comme bon pour les séparer. La différence entre les quadrupèdes et les singes est remarquable, mais nulle avec les anthropoïdes, si l’on se souvient de l’angle de 58° obtenu par Camper sur un orang et de quelques autres chiffres publiés. En revanche la séparation avec l’homme seraitprofonde et confirmerait ce qu’en ditCamper. Acceptons la première partie de cette proposition, nous examinerons de près la seconde ; Camper aussi bien que Cuvier n’ont procédé que sur quelques crânes.
L’angle facial vrai de Camper, facile
à relever sur des dessins stéréo-