‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 740 sur 980 · ANGLE FACIAL DE CAMPER · texte numérisé non relu

ANGLE FACIAL DE CAMPER

déterminer leur point mentonier je fais la part de l’épaisseur présumée du bord inférieur de la mâchoire; c’est en général à la hauteur des deux trous vasculaires, un de chaque côté, qui s’y trouvent, que je le place.

Je ne saurais terminer sur cet angle sans faire une observation qui a un grand intérêt pour les principes formant la base de la craniométrie. Les chiffres comparables de cet angle que j’ai obtenus avec les figures de Camper et directement sur les pièces sont conformes par certains points que je qualifierai d’indifférents à Camper, et différents par ceux qu’il devait avoir le plus à cœur, sans que la vérité générale qui en ressort soit altérée. L’explication en est facile. C’est la traduction prise sur le fait de la façon de voir des artistes et de ceux des savants qui procèdent par impression ou par le coup d’œil. Ils voient juste, mais ils exagèrent les saillies qui les frappent. Les figures de Camper n’ont pas été tracées avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui (stéréographie), propres à mettre en défense contre soi-même. Il se servait de la mise au carré, mais il copiait en associant les yeux et la main et forçait nécessairement l’effet qu’il tenait à rendre. Pour les animaux et pour le Kalmouck qui occupe le milieu de la série humaine, il n’était sollicité dans aucun sens spécial; pour l’Européen et le nègre placés aux extrémités il se laissait aller malgré lui et exagérait la note ; ses angles maxillaires de 190 à 120° sont donc très loin de la réalité, quoiqu’ils soient dans le vrai par rapport à l’intermédiaire, le Kalmouck. C’est un semblable mobile qui a poussé les artistes grecs à donner 90 et 100° à leurs personnages mythiques. Pour se défendre contre cette impulsion à laquelle aucun n’échappe, la craniométrie, la stéréographie et toutes les méthodes d’enregistrement ont été inventées : dans la science un dessin, quel qu’il soit, ne vaut jamais une mesure brute prise directement sur le sujet.

Aiijçie facial de Camper. — La ligne faciale supérieure ou ophryodentaire est la ligne rationnelle, anatomique. Mais elle a été précédée historiquement par une autre qui concerne non la face osseuse, mais le visage sur le vivant, et qu’on a transportée sans modification au crâne afin de permettre la comparaison : soit par la ligne faciale de Camper, que son auteur appelait ligne facéale ou de la physionomie, et qui estessentiellement d’ordre esthétique par les applications qu’il en fit. On a vu en effet que Camper, quoique naturaliste, avait pour objet de donner aux dessinateurs une règle lorsqu’ils veulent esquisser une tête antique, une tête réaliste d’Européen ou de nègre, ou une tête de singe, de chien ou d’oiseau. Il traçait donc cette ligne, tangente aux deux points maximum supérieur et inférieur du visage, invariablement les dents par en bas, tantôt le front, tantôt la glabelle par en haut.

Logique avec lui-même, Camper donnait alors au crâne la position qui lui paraissait correcte et, trouvant que dans cette position le centre du trou auditif et le bord inférieur des narines sur le crâne ou sur le vivant sont à peu près horizontaux, il exprima la direction de sa ligne faciale

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