CHAPITRE XX11I
chez un Égyptien appartenant à un groupe qui ne figure pas dans le tableau, de 86. Notre plus fort est de 80° et ne s’est rencontré que deux fois : chez un Polonais et chez un Roumain. Jamais nous n’en avons rencontré à 81°. D’autre part, il est vrai, notre chiffre individuel le plus faible a été de 62°, tandis que le moindre de Morton est de 69°.
Angle facial de Camper (avec le goniomètre Morton).
10 Magyars . 77°4
26 Grecs anciens et modernes (1)... 76. S
24 Européens divers . 76.5
4 Tsiganes . 73.0
4 Australiens, . 73.0
16 Race jaune . 72.7
2 Tasinaniens . 72.5
10 Néo-Calédoniens . 71.8
20 Nègres d’Afrique . -.. 70.3
Il est donc évident qu’entre les deux listes il y a une différence générale de 5° environ qu’il faut imputer aux instruments. Mon angle exceptionnel de 60° est celui du célèbre Namaquois de Delalande, le plus prognathe sur plus de 500 nègres qui me sont passés parles mains (2). Je ne doute pas que si je n’eusse été arrêté par l’absence de dents et que j’eusse étendu mes recherches, je n’eusse trouvé des angles au-dessus de 80°, des angles de 85° vraisemblablement, sans parler des hydrocéphales, scaphocéphales et métopiques plus ou moins caractérisés, qui tous trois ont chance de donner des angles plus grands.
Quelles sont donc les causes de divergences entre les mesures de Morton et les miennes? Je suis certain, pour des motifs qui ressortiront de la suite de cet article, quelles sont au nombre de deux : 1° Morton n’a pas dû s’en tenir aux crânes avec dents. Or si une fois par hasard chez l’Européen cela n’occasionne pas de différence, en règle générale particulièrement chez le nègre, les dents diminuent l’angle; 2° les fiches auriculaires de Morton devaient mal s’adapter aux trous auditifs, leur centre devait être trop bas, ce qui agrandit l’angle de 1 à 5°, suivant la conformation du trou. Par conséquent je donne la préférence à mes moyennes, tout en tenant compte de la relation des chiffres de Morton. Ces derniers montrent quelle étendue considérable de variations le nègre présente, l’écart étant dans ses 75 cas de 17°. Une Européenne que je n’ai pas admise dans ma moyenne, remarquable par un prognathisme dentaire extraordinaire, avait 69°, ce qui donnerait lieu à un écart dans mes Européens
(1) Par exception j’ai englobé ici des crânes non munis de dents, mais en ayant soin de suppléer à leur absence.
(2) Ce Namaquois a été souvent mesuré. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire lui donne un angle de Camper de 64°, Rousseau 60°, une fois je lui ai trouvé 59°, une autre 60°,5, une autre 61°, 5 à des époques éloignées. Ces différences viennent essentiellement de l’endroit où l’on place le centre du trou auditif et au mode opératoire suivi par le procédé des triangles isocèles, avec des dessins, ou directement avec un goniomètre.