A U TU ES ANGLES FACIAUX
de 19°. Du reste mes nègres, en y comprenant le fameux Namaquois, présentent un écart de 16°, l’angle de 78° s’étant offert une fois. La conclusion c’est que l’écart individuel dans ce caractère est assez grand pour que les angles faciaux particuliers donnent de bons signes distinctifs, tandis que les écarts de race compris dans 7° sont médiocres. Une autre conclusion, c’est que l’angle de Camper, chez le vivant, n’atteint pas en moyenne l’ampleur que Camper, Cuvier, Gall et Virey lui ont attribuée chez l’Européenne, et que par conséquent l’idéal de convention qui a fait donner par les sculpteurs grecs à leurs divinités des angles de 90°, sinon de 100, était une monstruosité. Plus tard nous reviendrons sur cet angle à propos du vivant.
Quant à la distinction qu’il établirait entre l’homme et l’animal, la moyenne de 70° laisse un intervalle assez grand avec celle des anthropoïdes ; mais l’un des nègres descend à 62°, c’est-à-dire bien près des 58° de l’orang de Camper. Rien donc ne prouve que si l’on avait plus de mensurations d’anthropoïdes, on ne trouve des cas analogues qui empiéteraient sur la circonscription de l’homme.
L’angle de Camper, bon caractère zoologique, est donc aussi un bon caractère anthropologique, mais qu’on a trop surfait. Il ne sépare ni mieux ni plus mal l’homme des animaux, qu’il ne sépare, toutes proportions gardées, les races entre elles. Toutefois chez ces dernières il est parfaitement sériaire ; les seules irrégularités flagrantes dans ma liste sont les Australiens et les Tasmaniens dont l’angle est anormalement grandi par la saillie de la glabelle et des arcades sourcilières.