CHAPITRE XXIV
Hères, dépend physiologiquement des fosses nasales et fait varier l’angle de 1 à 5 ou G0 dans les sens les plus opposés, ne pouvant par là que troubler l’expression de l’angle.
J’ai publié en 1874 un long travail sur l’angle facial de Camper, dans lequel j’ai démontré que les Instructions de la Société d'anthropologie avaient confondu avec lui l’angle de Jacquart, dont le sommet est à l’épine nasale, et que toute la valeur de ce dernier était anéantie par la suppression de la partie réellement influente de l’angle de Camper, la portion sous-nasale et alvéolo-dentaire du maxillaire supérieur. Je lui emprunte, en y faisant des additions, une partie du tableau XI, qui montre les différences produites lorsque la ligne faciale part de la glabelle ou de la dépression sus-sourcilière (1). Quoiqu’il ne s’agisse d’aucun des trois angles dont je m’occupe en ce moment, ces différences lui sont parfaitement applicables.
Différence en plus à la glabelle. — Angle de Jacquart.
Auvergnats .
38 femmes.
Bas-Bretons. . , .
Bretons gallois .
Basques français .
— espagnols . . . .
Esquimaux .
Chinois .
Malais .
Nègres d’Afrique .
Néo-Calédoniens .
Il en résulte que les angles faciaux qui prendraient pour point de repère supérieur la glabelle seraient indûment augmentés dans certaines races et relativement diminués dans d’autres. Les femmes dont la glabelle est moindre ou nulle dans toutes se trouveraient ainsi désavantagées.
En résumé, chez l’homme normal, la boîte cérébrale et son expansion frontale n’exercent pas l’influence qu’on a supposée sur l’angle facial. Leur limite antérieure, inaccessible par en bas, ne varie que par en haut vers les bosses frontales dans des conditions nullement en rapport avec les idées de beauté au point de vue intellectuel. Les déviations de l’extrémité supérieure de la ligne faciale sont perturbatrices et sans rapport avec cette limite, dans l’expression numérique de l’angle de Camper. Par conséquent, si l’on veut que cet angle ne soit pas une résultante de causes fortuites petites et grandes, mais une donnée précise, il faut donner en haut, à l’extrémité de la ligne faciale, le point le plus indifférent, le moins variable. C’est en effet la dépression sus-sourcilière qu’il faut choisir et, pour qu’il n’y ait pas d’arbitraire possible sur l’emplacement, un point bien déterminé comme le point inter-sourcilier (voir p. 824-6).
(1) P. Topinard, Etude sur Pierre Camper et l’ angle facial dit de Camper. Revue d’Anthrop., 1874, p. 193.