ANGLES FACIAUX AURICULAIRES
qui ne varie de l’Européen au nègre ordinaire que de 100 centimètres cubes en moyenne, ainsi que nous l’avons vu ; ce qui, réparti sur le tout, 11e donne qu’un bien faible accroissement à appliquer aux variations de longueur de sa limite antérieure. Ce qui pourrait exercer une influence réelle sur le front, c’est plutôt la forme brachycéphale et dolichocéphale, celle-ci chassant en avant et en arrière ce que la première concentre en largeur. Le front haut et saillant n’est du reste pas un signe de beauté, comme on le croit en général ; il s’observe dans les cas pathologiques comme l’acrocéphalie, la scaphocéphalie et l’hydrocéphalie, dans bon nombre de cas de métopisme et enfin çà et là. chez les hommes, beaucoup plus souvent chez le nègre. Dans le cas inverse de front fuyant, le front n’est pas atteint par la ligne faciale de Camper et reste indifférent à l’angle. Le front correct le plus enviable, qu’on rencontre essentiellement dans les races européennes, est le moyen, c’est-à-dire à inclinaison modérée, un peu moindre chez la femme.
D’ailleurs, 19 fois sur 20, c’est la glabelle qui est atteinte par la ligne de Camper, c’est-à-dire une saillie essentiellement étrangère au cerveau, dans laquelle sont les sinus olfactifs du frontal ; la dépression qui les surmonte répond même le plus souvent chez l’homme à ces sinus, ainsi qu’on l’a vu précédemment. Par conséquent, dans les conditions ordinaires, l’angle de Camper et les angles de Cloquet et de Cuvier à ligne faciale tracée de même, exprimeraient à la rigueur le rapport du développement de la glabelle et des arcades surcilières au développement de 1 appareil maxillo-dentaire dans le sens de son diamètre antéro-postérieur ; mais nullement le rapport du crâne à la face.
Dans le cas même où, renonçant à la glabelle, on prendrait la bosse frontale pour point supérieur constant, les angles faciaux ainsi constitués n’exprimeraient pas le degré ni de beauté, ni d’intelligence du sujet ou de la race. Cette innovation se bornerait à introduire dans l’angle facial un élément nouveau de discordance : la saillie ou l’effacement de la région des bosses frontales qui parfois est individuelle et dépend de la marche de l’ostéogénie du frontal, et parfois un caractère de race étranger à l’inclinaison de la ligne faciale. Il faut, tout au contraire, s’efforcer de concentrer toute la signification sur une seule chose : le relèvement plus ou moins prononcé de la ligne de la face par en bas, comme si le point supérieur était immobile et se garder d’affaiblir sa valeur déjà si compromise par les imperfections des points de repère accessoires de l’angle.
Le plan facial supérieur de Camper, car c’est réellement le nom à lui donner plutôt que celui de ligne faciale supérieure, s’il était bon au point de vue artistique où Camper se plaçai1, est donc mauvais lorsqu’on l’envisage au point de vue anatomique et ethnique; en premier lieu, parce que les points qu’il touche ne sont pas toujours les mêmes, qu’en règle générale c’est la glabelle, et que de loin en loin par hasard c’est le front ; en second lieu, parce que son point le plus ordinaire, la glabelle et les crêtes sourci-