PROGNATHISME ALVEOLO-SOUS-NASAL
15 Corses . 81.8
36 Basques d’Espagne . 80.4
11 Scandinaves . 80.1
350 Parisiens. . . 78.1
76 Auvergnats . . 77.2
57 Bas-Bretons . 77.3
18 Mongols divers . 72.6
6 Kalmouks du Kouldja . 71.7
10 Esquimaux . 71.4
29 Chinois . 71.0
31 Polynésiens . 70.8
10 Indo-Chinois . 70. l
45 Malais . 69.7
54 Néo-Calédoniens . 69.9
23 Tasmaniens . 69.9
5 Boshimans . 68.8
119 Nègres de l’Afrique, autre
qu’australe . 67.0
21 Australiens . 66.7
5 Namaquois . . . 58.2
Il ressort de ces chiffres que le prognathisme de la région sous-nasale qu’ils expriment est dans toute la force du terme un caractère sériaire. La plus faible moyenne chez les Européens est de 76°, 5 tandis que la plus forte chez les Mongols est de 72°, 6, soit de 4° au-dessous, ce qui est énorme pour une partie anatomique aussi peu étendue. Le groupement des nègres et noirs est non moins homogène, bien que les jaunes et les nègres ne laissent entre eux aucun intervalle et même que les Malais empiètent sur les nègres. Le prognathisme, après avoir été un bon caractère zoologique distinguant les groupes animaux les uns des autres et les anthropoïdes des hommes, se maintient donc un bon caractère dans le sein des divisions humaines. Toutefois chez les animaux il est général, tandis que chez les hommes il se limite à une très petite partie de la face.
Il se répartit dans les moyennes de 81°, 6 chez les Guanches, 81°, 8 chez les Corses et 80°, 4 chez les Basques, c’est-à-dire sur trois fractions de la race méditerranéenne, auxquelles s’associent d’une façon imprévue les Gaulois — à 58°, 2 chez les Namaquois ; et si l’on considère les cas particuliers de 90°, une fois chez un Basque, à 51°, 3 chez le Namaquois dont j’ai parlé tant de fois et à 48°, 6 chez un Macassar des Célèbes. L’écart est donc de 23° à 24° dans les moyennes et de 41°, 5 dans les cas individuels, ce qui donne une marge étendue de répartition qui dépasse de beaucoup ce que nous avons vu pour les angles faciaux, et qui est rare en craniométrie. Dès que je publiai ces résultats, Broca en accepta les conséquences telles que je les vois et consacrait tous les ans une de ses leçons à les exposer.
Je n’ajouterai que quelques remarques de détail. Il résulte de cette liste, comme tout à l’heure pour l’angle facial, que la série des Mérovingiens contraste par son prognathisme avee les séries antérieures surtout avec la race autochtone de la caverne de l’Homme-Mort, et plus encore avec la race méditerranéenne. Il faut donc que les Germains se résignent à considérer les Francs et Alemans des Reihengraber , qui ont constitué la noblesse mérovingienne que représente cette série, comme une race prognathe par rapport aux autres races de l’Europe occidentale.