PROGNATHISME ALYÉOLO-SOUS-NASAL
l’instrument et que l’angle ne donne qu’une mesure bâtarde sans intérêt comprenant le haut seulement de la face ; aussi ne conduit-il à rien, ainsi que je l’ai longuement démontré (1).
En Allemagne, l’étude du prognathisme a traversé deux phases. Dans la première on a perdu de vue la projection des mâchoires en museau dont le sommet est aux dents ou au point alvéolaire, pour ne voir que le rapport du maxillaire avec la base du crâne. Dans la seconde, sous l’influence des critiques de Lucœ et de lhering on est arrivé au système que nous avons exposé et en dernier lieu à l’angle de Munich-Francfort.
M. lhering, qui a résumé toutes les méthodes employées avant l’année 1873 pour exprimer le prognathisme, y rattache en effet les systèmes suivants :
L'angle de Welcker ou naso-basal dont le sommet est au nasion (racine du nez) et dont les côtés sont formés par les lignes naso-basilaire et nasospinale (épine nasale) : angle ENK sur la figure 77, page 679.
Le rapport de Virchow, entre les deux lignes ou rayons basilo-nasal KA et basilo-spinal KE, sur la même figure 77.
L'angle cranio-facial de Huxley, dont le sommet est au bord antérieur du planum sphenoidale et dont les côtés sont constitués par les lignes piano-basilaire et piano-spinale (2).
L'angle métafacial de Serres, devenu sous la plume de M. lhering l’angle cranio-facial de Ecker, qui est le degré d’obliquité des apophyses pterygoïdes par rapport à la partie de la base du crâne où elles s’insèrent; un peu obliques même dans les races blanches, leur obliquité augmente dans les races inférieures.
L'angle de Fick dont le sommet est au basion et dont les deux côtés sont la ligne du clivus et la ligne basilo-mentonnière ; et un autre angle de Fick, ou de la selle turcique, dont il a été parlé page 821.
L’angle de Landzert, etc.
Il y a de tout, comme l’on voit, sous la rubrique du mot prognathisme. En 1872, Lissauer en décrivait quatre degrés : le premier lorsque la lame criblée est dirigée en haut, le second lorsqu’elle commence à s’abaisser, le troisième et le quatrième lorsqu’elle est tout à fait horizontale, les uns ne se rencontrant que chez l’animal, les autres chez l’homme. C’est la même idée des relations de l’appareil maxillaire avec le crâne qu’a poursuivie Welcker avec son angle basi-nasal, dont l’ouverture diminue comme celle de l’angle sphénoïdal, mais plus rapidement, ainsi que le montre ce tableau :
(1) P. Topinard, De l’angle facial de Camper , in R.evue d’Anthr., 1874.
(2) Je ne puis m’empêcher de faire remarquer combien cette nomenclature un peu risquée économise du texte et précise clairement. Basilaire pour basion , spinal pour point spinal , cela va de soi; mais piano pour le point médian du bord antérieur de la surface horizontale du sphénoïde, dont il a été longuement question page 820, est plus contestable. La commodité et la rapidité du langage obligent.