PROGNATHISME FACIAL INFÉRIEUR
jaunes. De cette façon tous les nègres aussi bien d’Océanie que d’Afrique, y compris les Australiens, eussent reçu la dénomination obligée de prognathes. Quand je dis tous, j’en excepte les Boshimans qui avec sa méthode resteraient mésognathes h 97 d’une façon aussi imprévue que ses Veddahs ortliognathes à 96.3. Mais de semblables exceptions tiennent généralement à des détails et ne doivent pas effrayer dans une classification. C’est l’ensemble des caractères qui donne à une race sa place dans les groupes naturels, et non un seul ; les classifications sont toujours et partout plus ou moins artificielles. Néanmoins il ne faut pas se dissimuler que ces deux anomalies laissent entrevoir que la dite méthode répond imparfaitement à son but ; à moins que, reprenant l’idée de Barrow que les Boshimans tiennent des races jaunes, on ne veuille soutenir qu’ils ne sont pas prognathes.
La seule méthode rationnelle répondant aux idées que les voyageurs et même les anthropologistes de laboratoire se font du prognathisme est celle que j’ai employée. On peut le rapporter à un autre plan comme a fait Lucæ, mais on ne peut le concevoir autrement.
Ce que M. Flower obtient n’est pas le véritable prognathisme, c’est un compromis avec la réalité. Lui-même lui adresse des objections tirées de l’instabilité du basion, non corrigée par les condyles comme dans le plan alvéolo-condylien. Une objection plus grave est de comprendre la portion sus-spinale du maxillaire qui n’a qu’un faible intérêt, que j’ai mesurée sur un millier de crânes et dont cependant je n’ai pas cru, et pour cause, devoir donner les résultats; tandis que le prognathisme distinctif des races est l’alvéolaire, sinon l’alvéolo-dentaire. Quoi qu’il en soit, le rapport des deux mesures de M. Flower, s’il ne donne pas le prognathisme utile, fournit un caractère qui a son intérêt et qui répartit les races suivant un certain ordre. Je suis donc d’avis de le maintenir dans un projet de mesures internationales en vertu de mon principe, que les mesures courantes à demander à tous, à permettre aux moins familiers avec la craniologie, doiventêtre simples, nettement précisées par des points de repère anatomiques ne laissant rien à l’arbitraire, et aisées à prendre, non d’après la méthode des projections, qui est absolument illusoire lorsqu’on ne l’emploie pas avec toute la rigueur nécessaire et avec les instruments à cet effet, mais avec le compas ordinaire.
J’inscris donc les rayons basilo-alvéolaire et basilo-nasal parmi les mesures élémentaires à adopter, d’autant plus qu’elles répondent à d’autres usages, ainsi qu’on l’a vu précédemment.
Angle facial inférieur ou prognathisme manifibulaire. — Les diverses lignes de profil dont nous venons d’étudier l’inclinaison se portaient toutes en bas et en avant vers l’extrémité du museau chez les animaux, ou de son reste chez l’homme. Les lignes faciales inférieures réduites à une seule dans la pratique, l’alvéolo-mentonnière ou symphysienne de