‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 772 sur 980 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

surtout ne pas se bercer de vaines illusions On a déjà vu avec quelle sévérité, presque avec quel scepticisme volontaire nous avons abordé la question des mesures céphaliques en rapport avec la forme et le volume du crâne. Nous avons préféré rejeter tout ce qui était douteux et réduire nos prétentions; nous agirons de même ici. A partir de ce moment les caractères à relever sur le vivant vont se présenter fréquemment, nous les compléterons dans la partie qui regardera plus particulièrement l’anthropométrie et les Instructions aux voyageurs. Cet examen des moyens de mesurer l’angle facial et le prognathisme est le premier pas dans une voie qui sera longue et, j’ai le regret de le dire, contrairement aux idées répandues, laborieuse.

La méthode des projections qui donne naissance aux caractères esthétiques, non ainsi dénommés parce que leur point de départ ou leur objectif a quelque chose de personnel, mais parce qu’ils concernent la tête prise dans son attitude naturelle, trouve ici son application la plus générale et la plus légitime. Si cette méthode s’est introduite dans l’étude du crâne, ce n’est même que par imitation de ce qui se fait sur le vivant et parce qu il est nécessaire d’exprimer certains caractères tels que notre esprit guidé par nos sens les voit dans l’état de nature. L’impression d un nez bas ou haut ne tient pas à sa longueur oblique de sa base à sa racine, mais à sa hauteur apparente pour l’observateur qui le regarde de face, c est-à-dire à sa projection verticale. La grandeur de la tête n’est que celle de l’image qu’elle occupe dans notre champ visuel. Le prognathisme n’est que la quantité dont le visage, les mâchoires ou les lèvres dépassent une ligne verticale que notre pensée tire en arrière d eux. Les anatomistes philosophes voient dans le prognathisme un

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