‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 798 sur 980 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

même série on peut les comparer deux à deux en faisant la part de leurs différences ; mais dans l’échelle des races il est difficile de comparer la même mesure à elle-même: l’Esquimau a une énorme tête, le noir de l’Inde une petite tête, la mesure petite pour l’un est grande pour l’autre. On se servira donc autant que possible des rapports, mais sans oublier qu’ils ont besoin d’être interprétés et que quelquefois les mesures absolues parlent mieux.

Contour antérieur <ie la face. — Lorsque Bernard de Palizzi, à 1 aurore des sciences, prétendait que le crâne humain défie toutes les applications de la règle et du compas à cause des folies qu’il renferme, il oubliait que le correctif s’y trouve aussi : la volonté et la direction qui conduisent à tout. Assurément l’ovale de la face, si frappant pour le crâniologiste qui à force de manier des crânes a acquis le coup d’œil nécessaire, a défié jusqu’ici nos tentatives. Mais ont-elles été bien nombreuses? Toutes les faveurs ont été pour le crâne cérébral. Ma conviction est qu’on peut exprimer ce qu’il y a de caractéristique dans un contour par des chiffres maniables. Cherchons.

Si nos dessins obtenus avec nos appareils de Lucœ, de Cavart, deBroca ou de tout autre, répondaient mieux à notre but, si l’on pouvait prendre des mesures sérieuses sans eux, la manière serait toute trouvée : les personnes moins exigeantes que nous en peuvent faire usage.

Soit un dessin de crâne vu de face avec l’orientation voulue qui doit être particulièrement rigoureuse dans ce cas, tel que la norma facialis ci-contre n° 176 extraite du mémoire de Camper, avec les lignes qu’il prescrivait. Sur sa ligne médiane on trace la verticale TH, puis les diverses lignes de largeur qu’on désire, X W, etc. Il n’y a plus qu’à mesurer au compas: 1° la longueur de celles-ci; 2° la hauteur de leurs points d’intersection avec la verticale médiane par rapport à l’une d’entre elles adoptée pour point de départ. Cette opération est répétée sur vingt dessins d’une même série de crânes, les moyennes en sont calculées et avec elles on construit la figure schématique du crâne typique moyen. De semblables figures répondant à des races différentes montreraient à l’instant les différences caractéristiques du visage. Sur elles on pourrait même prendre des angles que nous n’avons pas réussi encore à déterminer directement, par exemple l’angle obtus regardant la ligne médiane donné par le point orbitaire externe, le point jugal et le point mandibulaire, les trois points à préférer pour le contour antérieur du visage, ou encore l’angle regardant la ligne médiane aussi et formé par le point stéphanique, le point zygomatique maximum et l’angle de la mandibule, les trois points à préférer pour avoir le contour postérieur du visage.

En attendant que nos stéréographes, diagraphes et autres appareils analogues soient assez parfaits, qu’il n’y ait pas de jeu dans les articulations de leurs différentes pièces, pas d’oscillations même imperceptibles dans les gaines directrices des crayons et aiguilles, pas d’élasticité dans

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