CHAPITRE XXVI
inter-orbitaire, le troisième orbitaire proprement dite. Je signale rapidement ce qu’il y a de plus important à y étudier.
lo Sur la ligne médiane, la glabelle, tantôt effacée, tantôt constituée par une bosse arrondie ou ovale, tantôt formée par la confluence des deux arcades sourcilières plus ou moins marquées, laissant au-dessus une concavité ou un Y plus ou moins ouvert. Les degrés de saillie de la glabelle ont été partagés par Broca dans ses Instructions en cinq étapes, de l’effacement qui est le zéro, au maximum qui est le 4. Cette échelle est acceptée et a été employé avec avantage par M, Ranke dans son dernier travail sur la crâniométrie des Bavarois. Le moyen le plus simple de mesurer la saillie de la glabelle est la comparaison des rayons inio ou occipito glabellaire, sus-sourcilier et nasal, comme nous l’avons dit.
2° Sur les côtés, les arcades sourcilières qui se continuent en dedans avec la glabelle et se terminent en dehors vers le tiers externe de la région sus-orbitaire. Leur développement est généralement parallèle à celui de la glabelle. Elles sont à leur maximum en Europe chez les types de Neanderthal et de Borreby et assez développées dans la race celtique. Elles sont considérables aussi chez les Mélanésiens, y compris les Australiens, et au contraire à leur minimum dans toutes les races jaunes, auxquelles il faut rattacher sous ce rapport les Negritos et Andamans, ainsi qu’un type dolichocéphale particulier représenté dans notre musée par une série de crânes de Elle des Ingénieurs, à l’angle sud-est de la Nouvelle-Guinée. Les nègres d’Afrique tiennent plutôt des races jaunes par les arcades sourcilières, particulièrement les Boshimans ; cela fournit le caractère distinctif le plus précieux pour reconnaître d’une manière générale le nègre d’Afrique du nègre d’Océanie. Les Polynésiens, de môme que les races américaines principales, rentrent par là dans les races jaunes.
Les arcades sourcilières comme la glabelle sont très réduites ou nulles chez la femme et surtout chez l’enfant. Je suis convaincu que c’est l’effacement de ces parties dans certaines races qui a fait dire que celles-ci avaient une physionomie infantile et donné à penser que ce sont des races arrêtées dans leur évolution ou ayant rétrogradé.
Les arcades sourcilières rentrent complètement dans la catégorie des caractères descriptifs.
3° Les os propres, dont l’étude demanderait à être faite d’une façon méticuleuse à des points de vue divers : depuis leur soudure en un seul os, signalée pour la première fois par Desmoulins et qui est un caractère d’infériorité, jusqu’à leur longueur ou brièveté et leur forme en sablier ou en quadrilatère. Leurs mesures dans les registres de Broca sont au nombre de sept, avec lesquelles il se proposait de constituer tout d’abord deux indices : l’un de longueur ou rapport de leur longueur minimum sur la ligne médiane à leur longueur maximum sur le côté ; l’autre de largeur ou rapport de leur largeur minimum vers le haut dans le creux de la racine
RÉGIONS ORBITAIRES.
du nez à leur maximum en bas. Je donne ‘plus bas des extraits des moyennes de Broca pour ces deux indices.
En outre de la forme particulière des deux os propres dans un même plan, il y aurait à relever l’angle saillant en avant qu’ils font habituellement entre eux, les deux surfaces de rencontre continuant celles des apophyses montantes des maxillaires supérieurs. Ce petit caractère, dont il y aurait deux formes opposées, l’une plus ou moins
Fig. 183. — Arcades sourcilières, n° 4 et plus des Instructions de Broca.
Tasmanien de Launceston (Mém. sur les Tasm. Topinard).
en toit, l’autre plus ou moins aplatie, reflète le caractère analogue que le nez dans sa totalité donne sur le vivant. Les deux os propres réunis à angle plutôt aigu appartiennent aux races leptorrhiniennes, comme dans les types kymri et sémite, et ceux réunis à angle très obtus allant à 180, aux races jaunes. Les races nègres d’Afrique se rapprochent pour la plupart des races jaunes, tandis que les races nègres d’Océanie s’en éloignent.
4° L’intervalle orbitaire qui reflète la plupart des caractère des os Topinard. — Anthropologie. GO