‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 822 sur 980 · INDICE PALATIN · texte numérisé non relu

INDICE PALATIN

Considérons d’abord l’indice palatin. Les extrêmes individuelles varient dans les registres de Brocade 100 sur un crâne de l’âge du renne àSolutré à 5 2 chez un Néo-Calédonien; et les extrêmes de moyennes de 84 dans la série néolithique des grottes de Baye à 63 chez les Néo-Calédoniens. Ce dernier écart de 21 atteste que l’on peut espérer quelque chose de l’indice palatin. Effectivement, à la partie inférieure de la liste, se groupent en masse toutes les races inférieures noires ; les Cafres et Nègres de Nubie seuls manquent à l’appel. Mais c’est le seul trait général. Ni les races jaunes, ni les races blanches, ni les races préhistoriques, ne se groupent ensemble par ce caractère. Il n’y a que des oppositions particulières à constater : ainsi les habitants des dolmens de la Lozère ont la voûte palatine la plus large, par rapport à sa longueur, tandis que la race qui habitait les grottes à la même époque et descendait de celle de la pierre taillée a une voûte palatine relativement étroite; les habitants des grottes de Baye tenant le milieu, comme s’ils étaient dus au mélange des deux.

Il est cependant une double influence générale à laquelle il faut songer ici : celle de la forme soit du crâne, soit de la face, en vertu de la loi des harmonies. Or, sur les dix séries du bas de la liste, neuf sont dolichocéphales; la série européenne, dont l’indice est le plus faible, est celle qui se rapproche le plus de la dolichocéphalie. D’autre part les Lapons, si brachycéphales, sont les seconds au faîte de la liste. Mais à côté les contradictions fourmillent. Les Auvergnats, très brachycéphales, viennent après les Basques français qui le sont moins. Les Lapons ont 86 d’indice céphalique, tandis que les gens des dolmens de la Lozère, dont l’indice palatin est plus élevé, n’ont que 75,6 d’indice céphalique. Les Usbecks du Turkestan ont un indice céphalique de 86 et un indice palatin de 70,8, tandis que les Parias de l’Inde ont un indice céphalique de 74,3 et un indice palatin de 77,9. S’il y a une relation générale entre la longueur ou la largeur de la voûte palatine, et la longueur ou la largeur du crâne, elle est fortement contrariée çà et là par d’autres influences.

Le développement de la face en hauteur ou en largeur semble devoir avoir plus d’action. Nous avons vu que dans les faces élargies toutes les largeurs de la face grandissent, et que dans les faces étroites toutes contribuent au resserrement. Il serait logique que la voûte palatine faisant partie du maxillaire supérieur obéisse au même mouvement. Les Lapons, dont la largeur relative de la face est très grande, ont en effet un indice palatin grand. Mais, d’autre part, les Tasmaniens et les Usbecks, dont la face est large aussi, ont un indice palatin étroit. L’Arabe, si étroit de visage, a plutôt un indice palatin grand. En revanche, les gens de la caverne de l’Homme-Mort, qui ont la face étroite et haute, ont une voûte palatine longue. Dans les relations de la voûte palatine avec la conformation, d’une part du crâne, d’autre part de la face, les deux cas peuvent donc se présenter : une concordance ou une discordance absolue.

Page 1