CHAPITRE XXVII
ligne, je ne dis pas aux craniologistes éminents, aptes à l’employer avec le talent nécessaire, mais à tous : aux amateurs, aux archéologues, à ceux qui font de la craniologie en passant, aux voyageurs non préparés qui veulent mettre à profit eux-mêmes leurs crânes à leur retour. Toutefois j’ai la confiance que les Allemands ne persisteront pas dans cette voie. Ils comprendront d’eux-mêmes qu’elle est impraticable dans ces conditions, ils reconnaîtront que leur proposition demande encore à être étudiée, qu’elle repose sur un malentendu. Ils verront que telles qu’ils les formulent leurs mesures ne répondent nullement à leur titre de mesures géométriques et sont livrées à tous les hasards de l’appréciation et du coup d’œil individuels. Par les écarts qu elle permet entre opérateurs différents, elle conduirait bien vite la craniométrie à sa ruine. Je voudrais que dix craniologistes experts prennent l’indice céphalique par la méthode du congrès de Frankfort, dans leurs laboratoires sur les dix mêmes crânes qu’on ferait circuler, et que dix autres en fissent autant, par la méthode directe. Je maintiens, et pour cause, que les écarts chez les premiers seraient cinq fois plus forts que chez les seconds.
J’ai dit qu’il y a un malentendu dans cette méthode, du moins dans la mesure d’après elle contre laquelle je m elève essentiellement, son diamètre antéro-postérieur du crâne; ce que je vais démontrer.
Mesures allemandes. — Je reproduis d abord et m extenso a^ec la plus stricte impartialité la liste même de toutes les mesures allemandes. Son point de départ c’est la proposition faite par le professeur Jhering en 1874 au congrès des Sociétés allemandes d’anthropologie. Sa liste réunissait un certain nombre de mesures anciennes aux nouvelles qu’il demandait, et s’élevait à 22 mesures. A Munich, en 18/7, la question fut reprise; on s’entendit assez bien sur le plan sur lequel devait reposer la méthode, celui de M. Ihering fut modifié et remplacé par une ligne allant du bord supérieur du trou auditif au bord inférieur de l’orbite. A Berlin en 1880, on discute quelques points sans parvenir à s’entendre, la question nationale perce : M. Schafîhausen, qu’on paraît soupçonner d’une trop grande impartialité, donne sa démission de membre de la Commission d uniformisation des mesures craniométriques. A Francfort enfin on aboutit à un compromis qu’on décore pompeusement du nom de Franckfurter Verstandigung et auquel adhèrent par leurs signatures un certain nombre d’anthropologistes d’opinions persistantes diverses.
Ce projet ne concerne pas, comme on pourrait le croire, les mesures fondamentales, en petit nombre, que tous les anthropologistes seraient invités à prendre aveuglément, sauf à y ajouter leurs mesures personnelles, mais une liste entière de mesures de toutes sortes. Je la reproduis textuellement en me bornant à substituer aux longues périphrases anatomiques allemandes, les termes simples et euphoniques de la nomenclature de Broca, et à mettre en italique les mesures qui correspondent exactement à celles de Broca, sauf pour la dénomination. Je profite de