CHAPITRE XXVII
trique d’après le plan d’orientation adopté, elle doit comprendre toute la hauteur et aboutir au point le plus élevé du vertex, c’est-à-dire au plan horizontal tangent à la voûte du crâne; alors la hauteur n° 8 n’a pas de raison d’être. Si, au contraire, c’est une mesure restreinte, à quoi bon la compliquer en s’astreignant à ne la prendre qu’après orientation du crâne ? Autant alors prendre la distance auriculo-bregmatique. En tout cas, les deux mesures font double emploi et surchargent inutilement la liste.
Les deux largeurs faciales de M. de Hoelder, comparées entre elles, sont évidemment destinées à donner le degré de relèvement du bord inférieur de l’os malaire, mais ce n’est pas là où tombe la seconde largeur que le bord inférieur de l’os malaire se relève dans les races jaunes, c’est plus en avant; cette mesure ne fait donc qu’encombrer. Si l’on entre à ce point dans les détails, il y aurait d’autres mesures plus utiles à ajouter.
Incidemment, je fais remarquer que la formule de ces mesures laisse à désirer et que les figures n’éclairent pas toujours. Les mesures 18, 23 et 31 ne sont pas claires : est-ce en avant ou en arrière de la gouttière lacrymale qu’est le bord interne de l’orbite ? (Voir page 949). Où aboutit la ligne de profil du visage? En haut on l’entrevoit, en bas on ne s’en doute pas.
Je conclus que la liste de Francfort demande à être revue par ses auteurs et ne saurait être considérée ni comme une entente allemande, ni comme une proposition internationale définitive.
La vérité sur la craniométrie allemande est la suivante, si je ne m’abuse. Elle comprend deux sortes de travailleurs répondant aux deux tendances de l’esprit humain, aux deux écoles qui de tout temps se sont disputé l’exploitation du terrain de là science.
Les uns, méthodiques, régularisent sévèrement leurs procédés d’étude et les suivent correctement. Parmi eux il y a nécessairement des opinions diverses : Un premier groupe penche pour la méthode de Schmidt en ce qui regarde les mesures de la boîte cérébrale, ils considèrent celle-ci comme l’enveloppe de l’encéphale, comme un corps à mesurer; un second préconise dans les mêmes circonstances la méthode géométrique de Spengel qui veut que la tête soit placée dans son attitude naturelle comme sur le vivant et, une fois ce principe admis, en accepte toutes les conséquences. Les deux procèdent mathématiquement de façon à éviter tout arbitraire.
Les autres qui semblent former la majorité, ou du moins entraîner les incertains, reflètent pourle moment les tendances germaniques sentimentales, esthétiques et philosophiques de l’ancienne école des aprioristes, qui a produit Shelling, Oken, Garus. Ceux-là considèrent le crâne en artiste comme faisait Camper, ils le mettent dans la position à leur convenance, ne se servent du plan horizontal que d’une façon accessoire sans se croire enchaînés par lui, ils corrigent dans leurs mesures ce qui ne leur plait pas et font, en un mot, de la craniométrie individuelle. Ce