CHAPITRE XXVII
lequel le diamètre antéro-postérieur pris par M. Spengel et le diamètre antéro-postérieur pris par Shaaffhausen sont nettement mis en présence.
J’ai dit que le diamètre antéro-postérieur de Schmidt-Broca était égal ou nécessairement plus grand, mais jamais plus petit que le diamètre pris correctement par projection, comme font MM. lhering et Spengel (voir p. 358). Or, voici ce que donnent les moyennes comparées des plus fortes séries du catalogue de Goettingue (1).
Pages.
Nombre et provenance.
ant.-post.
Différence.
Spengel.
Shaaffhausen.
11 Reihengraber .
15 Goettingue .
17 Allemagne divers .
19 Russes .
11 Chinois .
13 Nègres .
14 Américains du Nord..
C’est-à-dire qu’à une exception près, le diamètre de Shaaffhausen est plus petit, jusqu’à 2 millièmes en moyenne, que celui de Spengel. La longueur mesurée par M. Shaaffhausen n’est donc pas celle qui s’oppose à la longueur de lhering ; ce n’est pas celle qu’il croit prendre et qu’indique sa formule : « de la glabelle au point le plus reculé de l’occipital ». C’en est une autre, une troisième. Les Allemands sont donc les premiers à ne pas suivre la méthode géométrique de lhering qu’ils voudraient répandre.
On me dira que M. de Hoelder pourtant, dans le parallèle de sa méthode qui est celle de lhering avec son instrument à lui propre, et de la méthode de M. Yirchow, a obtenu des diamètres antéro-postérieurs plus grands par cette dernière méthode (2). Je répondrai que c’est parce que M. de Hoelder a compris la méthode deM. Yirchow comme moi-même, comme tous l’ont compris à l’origine ; mais qu'il s’est trompé, ou mieux, qu’il a été trompé par M. Yirchow lui-même. Le savant professeur de Berlin, l’une des plus hautes illustrations età juste titre de l’anthropologie, a cru suivre la méthode de Baer et de Broca, de même qu’il croit suivre à présent celle de lhering et ne voit pas de différence entre son ancienne et sa prétendue nouvelle méthode. En réalité, il n’a pas varié, il a suivi sa méthode à lui, la troisième que j’ai indiquée : la mise en position approximative du crâne et le diamètre horizontal au jugé, partant de la glabelle et aboutissant à la courbe de l’occipital. Yoilà la confusion qui règne en Allemagne sur cet élément fondamental de l’indice céphalique. C’est le désarroi et la meilleure démonstration de la nécessité de se rallier à une formule et une
(1) G.-W. Spengel. Die von Blumenbach gegründete anthropologische Sammlung der Universitat Goettingen. 1874.
(2) H.-V. Hoelder. Ueber die in Deutschlcind vorkommenden , von Ilerrn Virchow den Friesen zugesprochenen niederen Schadelformen. in Arch. für anthr., [1880, vol. 12, p. 357.
MESURES CRANIOMÉTRIQUES ALLEMANDES. 975
méthode ne se prêtant à aucune interprétation individuelle et se résumant en un mot : « diamètre antéro-postérieur maximum, en se bornant à éviter la saillie de Timon ». Qu'on comprenne ce mot maximum à la lettre, qu’on le cherche en aveugle et la porte sera close aux dissidences.
J’ai parlé du diamètre antéro-supérieur par projection, mesuré avec le crâne placé sur le côté devant soi ; lorsqu’on le place sur sa hase, les divergences sont bien plus fortes ; il est bien plus difficile encore de tirer à l’œil une horizontale, parallèle à la ligne d’orientation, qui commande la direction à donner au compas.
Du reste, un simple coup d’œil sur la figure 189 met en évidence ce que je viens de dire. La longueur grh est le diamètre de Baer, Broca, Schmidt, etc., avec cette réserve qu’une configuration du crâne de ce genre ne s’observe guère, que ce diamètre n’aboutit qu’une fois sur 60 peut-être à l’inion, et que, dans ce cas, il est prescrit de s’arrêter à sa base. La longueur L, en y ajoutant la partie ponctuée, est la longueur géométrique et par projection, maximum suivant la méthode de Ihering et Spengel. La longueur L non prolongée est le diamètre de Virchow et de Shaaffhausen ; ici, elle tombe au-dessous du lambda, mais quelquefois elle peut aboutir à son niveau et son étendue en être très diminuée.
Si encore la façon de prendre ce diamètre était réglée, si l’on ne se contentait pas d’une orientation au jugé, on pourrait la discuter et conclure : Soit! ce serait une seconde sorte de diamètre antéro-postérieur par projection. Mais dans son procédé opératoire habituel, tout est abandonné à l’appréciation personnelle ; ce n’est pas une projection orthogonale aveugle qu’on prend, mais une projection centrale personnelle, avec tous ses défauts de perspective. La première condition, dans une science qui vise à la précision, c’est de ne pas confondre une mesure avec une autre, autrement dit de ne pas se tromper soi-même.
En somme, le nouveau diamètre antéro-postérieur des Allemands est plus court que le diamètre antéro-postérieur géométrique de Ihering, et celui-ci est plus court que le diamètre antéro-postérieur maximum des écoles russe, anglaise, italienne et française. Le premier varie avec le coup d’œil personnel de l’opérateur; le second varie avec le plan adopté; le troisième seul est constant, c’est-à-dire forcément le même entre toutes les mains.
Après ce prodigieux malentendu dans la liste des mesures allemandes, les défauts des autres parties. paraîtront légers. On remarquera cependant la dualité de nombreuses mesures assez peu en rapport avec l’idée d’uniformisation qui les aurait dictées. Ainsi les deux façons de prendre les éléments de l’indice orbitaire, les deux largeurs faciales de Hoelder, les deux hauteurs à partir du basion, les deux hauteurs sus-auriculaires, les deux doubles indices faciaux de Virchow et de Kollmann.
Les hauteurs nos 8 et 9 reproduisent les dissidences relatives à l’emploi mitigé de la méthode des projections. Si la première est la hauteur géomé-