CHAPITRE XXVIII
grandes séries. C’est au large seulement, en présence des races exotiques à comparer, qu’elle doit donner ses fruits. B ailleurs, mon but dans ce volume et surtout dans ces derniers chapitres, est plutôt de montrer la façon dont on doit procéder, la manière d’analyser les faits, d’interpréter les contradictions apparentes contre lesquelles on se heurte, qui ne doivent pas décourager, mais démontrent la nécessité en anthropométrie de ne conclure jamais qu'avec des nombres importants dûment classés.
A défaut de races exotiques, je me suis adressé à des moulages de choix. A l’origine, ce n’est pas sans une certaine défiance que je procédais, j’étais habitué à croire qu’au travers des chairs, c’était le squelette qu’on mesure et que les points de repère de celui-ci étaient les seuls guides. Mais je suis revenu de cette double croyance. Ayant eu l’occasion de mesurer quelques sujets sur le cadavre qui est l’équivalent du vivant, puis sur le buste, comme du reste sur le crâne ensuite, j’ai reconnu qu’on pouvait parfaitement se fier aux plâtres, lorsqu’on veut aboutir à des mesures proportionnelles. La tête augmente un peu en haut et en bas, parce qu’on ne déprime pas le plâtre comme les chairs, mais les rapports n’en sont pas sensiblement affectés. Le seul inconvénient réel est pour le point spinal que la pointe de la petite équerre atteint mal; j y pare par exception à l’aide d’une petite correction que j’estime et qui varie suivant les circonstances.
Suit un premier tableau portant sur la division de la tête en quatre parties, en prenant la racine du nez pour second point. La cinquième colonne est l’addition des deux premières, afin de juger la question qui place la moitié de la tête à la racine du nez.
Proportions verticales. — Hauteur de la tête= 100. — Les quatre divisions classiques.
Vertes
Limite
Racine
Base
Vertes
à limite
à racine
à base
cheveux.
nez.
nez.
menton.
racine.
42 H. Parisiens .
5 H. Parisiens (amphithéâtre) .
1 H. Arabe (amphithéâtre) .
250 Français (Collignon) .
20 H. Belges (Quetelet) .
26 Chinois (Novara) .
34 Nicobar — .
6 Kalmouks de l’Exposition de 1878
(masque) .
3 — du Jardin d’acclimatation. .
4 Cochinchinois et Chinois (buste)....
2 Néo-Hébridiens (buste) .
14 Nègres du Laboratoire (buste) .
3 Négresses du Laboratoire (buste)...
1 Nègre de laMartinique (amphithéâtre).
1 Négresse zoulou (amphithéâtre)....
PROPORTIONS VERTICALES DE LA TÊTE
Sans s’arrêter à. la faiblesse de certains nombres et à titre d’exercice, voici ce qu’on pourrait dire de ce tableau :
1° La partie de la tête située au-dessus de l'insertion des cheveux est la plus petite, elle est en moyenne à peu près la moitié de la partie suivante. Ce qui d’emblée détruit la règle des ateliers, qui veut qu’on donne à cette division le quart de la hauteur totale de la tête. 11 est vrai qu’ils y comprennent les cheveux; mais l’équerre qui s’appuie sur le vertex les comprend aussi; cette règle, il faut l’avouer, est tombée en désuétude dans les ateliers. D’une manière générale, il semble que cette partie soit plus courte chez les nègres et négresses que chez les Européens et jaunes, il n’est pas douteux pour moi qu’elle ne soit plus haute chez les femmes que j’ai mesurées.
2° Le front de l’insertion des cheveux à la racine du nez forme le tiers d’une manière générale de la hauteur totale de la tête. Il est plus bas chez les Européens que chez les jaunes, et surtout chez les nègres; plus bas chez la femme que chez l’homme. Il est vrai que ce que le nègre gagne sur le front il le perd sur la division suivante, de même que ce que la femme perd sur le même front provient en partie de son gain sur les cheveux.
3° La troisième division, de la racine à la base du nez, est plus courte dans les races noires et jaunes, ainsi que nous le savons déjà par l’un des éléments de l’indice nasal. Toutefois, il serait bon de connaître comment se comporteront à cet égard les Esquimaux et les Polynésiens. Je profite de l’occasion pour dire qu’on ne doit pas confondre la hauteur nasale prise par projection qui est verticale avec la longueur dont on se sert pour l’indice nasal qui est oblique.
4° La quatrième partie, de la base du nez au menton, ne donne pas les différences qu’on supposerait. Les Parisiens et les Belges l’ont cependant plus courte que les nègres et même que les races jaunes. Toutefois les Français d’origine diverse de M. Gollignon contrarient cette conclusion, ce qui m’engage à préciser la manière d’agir pour la base du nez : Lorsque je prends la hauteur du nez pour obtenir l’indice nasal du vivant, j’appuie sur l’épine nasale; ici pour les proportions verticales de la base, ayant besoin d’aller vite et de ne pas provoquer le moindre mouvement de la part du sujet, je me contente de la base du nez comme je la vois et, lorsque cette base est oblique en haut, de son extrémité la plus postérieure.
5° La moitié de la tête, sauf dans les mensurations de la Novara dont le procédé opératoire me laisse quelque arrière-pensée et dans celles de Quételet qui, s’inspirant d’idées artistiques, a pu se laisser influencer à la racine du nez, et à une seule exception près dans mes propres mesures chez les Néo-Hébridiens, ne tombe pas à la racine du nez, mais un peu plus bas. Les artistes qui placent ce milieu aux sourcils sont donc, à plus forte raison, dans l’erreur.
6° La dernière remarque, c’est que la fameuse division de Vitruve, Cou-