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CHAPITRE XXVIII

de haut en bas toutes les projections verticales nécessaires, sur la ligne médiane, à partir du vertex.

Ce qui la caractérise c’est sa simplicité, je dirai plus, sa naïveté. L’équerre représentée en position dans la figure ci-contre est saisie par sa courte et grosse branche avec la main gauche, le poignet s’appuyant solidement et franchement sur le pariétal du sujet. La longue branche graduée, le zéro répondant au vertex, tombe verticalement au devant du

Fig. 197. — Équerre céphalométrique pour prendre les proportions verticales de la tête.

visage et s’appuie sur les côtés du nez. Le sujet doit tenir sa tête droite, fixe, regardant à l’horizon; s’il la tient mal, l’opérateur placé commodément pour juger de son orientation la redresse avec la main droite libre. Un fil à plomb que j’ai ajouté depuis la publication de mon mémoire sur le sujet montre si l’équerre est verticale. Du reste le poids respectif des deux branches se contrebalance si bien qu’en manœuvrant comme j’ai dit, la branche se place naturellement.

Le reste de l’opération ne prend que quelques secondes. Mais on serait plus long, qu’il n’y aurait pas d’inconvénient, l’équerre et la tête étant indissolublement liées. Une petite équerre prise de la main droite et tenue horizontalement, en se guidant sur les divisions de l’équerre, glisse de haut en bas et s’arrête aux divers points de repère adoptés, savoir : à la naissance des cheveux, c’est-à-dire au haut du visage, au point intersourcilier, c’est-à-dire à la séparation du crâne et de la face, à la racine du

PROPORTIONS VERTICALES DE LA TÊTE

nez, à la base du nez contre l’épine nasale qu’on déprime un peu de bas en haut, à la bouche (1) et au menton.

Quatre de ces points sont ceux que des artistes ont adoptés pour diviser la tête en quatre parties égales. Sur deux ils ne sont pas d’accord ou restent dans le vague : le sourcil, pour nous le point intersourcilier, et la racine du nez. Le premier étant la limite anatomique entre la face et le crâne, sur le squelette, il y aurait avantage à le préférer : chaque fois qu’il y a possibilité, il faut concilier l’idée anatomique et l’idée esthétique. Le second est beaucoup mieux déterminé, ce qui est une haute considération pour une mesure à confier à tous. Bref, je donnerai des exemples des résultats dans les deux cas.

Dans le canon d’Albert Diirer, figure la bouche; je l’ajoute aux quatre points habituels. Il est indispensable de savoir la part que prend dans la division de la tête la partie sus et sous-buccale. Albert Diirer admettait un point sus-mentonier qui, pour nous, serait à la limite supérieure de la convexité que forme le menton charnu, sans aller au fond même de la petite dépression qui sépare cette convexité du plan incliné sous-labial. Pour ne pas encombrer, je n’en citerai aucun chiffre, mais les anthropologistes qui voudront s’adonner à l’établissement des canons feront bien d’y songer. Parmi les points des artistes, il en est un dont je donnerai des exemples, mais sans le recommander, c’est l’insertion des cheveux; Broca l’acceptait cependant. Il est incertain, disparaît à la moindre calvitie, et je doute que dans les meilleures conditions il fournisse un caractère anthropologique.

Ces hauteurs inscrites, on obtient les intervalles entre elles, c’est à-dire les divisions que l’on désire, par une simple soustraction, et on les réduit en centièmes de la hauteur totale du vertex au menton — 100. C’est le canon des proportions verticales de la tête, rapporté à celle-ci, comme le canon général des proportions du corps est rapporté à la taille.

Proportions verticales. — Passons aux exemples. Ils ne portent, à quelques exceptions près, que sur des nombres faibles. La méthode est de date trop récente, les voyageurs qui en ont fait usage, du moins en se servant de mon équerre céphalométrique, n’ont pas encore publié leurs résultats. Seul le Dr Collignon, qui continue en ce moment ses mensurations par ce système sur les confins méridionaux de la Tunisie, a livré une première fournée de chiffres portant sur quatre groupes de populations françaises, formant un total de 250 sujets. L’application que j’en ai faite moi-même çà et là sur des blancs, des jaunes et des nègres, n’a eu pour objet que d’en vérifier la valeur, et d’en expérimenter l’instrumentation; je ne l’ai pas encore employée d’une manière suivie sur de

(1) P. Topinard, De l' équerre céphalométrique. Revue d’anthropologie, 1882, p. 260.

Gomme point buccal, j’ai indiqué dans mon mémoire l’interstice des dents, je l’ai formulé ensuite avec plus de précision en disant : le bord tranchant des dents incisives supérieures. J’ai reconnu depuis que la fente buccale est exactement à ce niveau; et, vu la facilité plus grande qu’elle donne dans le procédé opératoire, c’est elle que j’ai adoptée définitivement.

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