II. Néo-Hébridiens
F. Zouloue (amphithéâtre)...
A titre d’exercice encore, voici les réflexions qu’éveille cette liste.
1° La partie de la tête qui surmonte le point intersourcilier et qui répond exactement au cerveau est la plus élevée, dans nos trois séries parisiennes, et la plus petite chez l’Arabe. Ce cas, étant isolé, n’empêche pas de croire que cette prédominance frontale chez l’Européen ne soit en rapport avec sa position élevée dans la série des races. Les nègres, au nombre de 14, ont la même partie notablement plus petite. Des deux côtés, la femme a cette partie plus développée que l’homme; la Zouloue l’a cependantbien petite. Dans les autres groupes nous ne chercherons pas une gradation hiérarchique, car en premier lieu ce sont des cas individuels le plus souvent, et non des moyennes ; en second lieu ce sont des chiffres proportionnels, en sorte que la diminution peut tenir à une réduction réelle de cette partie, mais tout aussi bien à une augmentation
PROPORTIONS VERTICALES DE LA TÊTE
des autres sous-jacentes. D’autre part on a vu que la partie antérieure du crâne cérébral se reserre ou s’élève, lorsque la totalité du crâne s’allonge c’est-à-dire est dolichocéphale; c’est l’explication de la grande hauteur de la première division de la tête du Néo-IIébridien, et des Fidjiens qui viennent après sous ce rapport; et l’explication en même temps des fronts, de véritables caricatures, que les premiers navigateurs de ce siècle ont donnés à quelques sauvages de l’Océanie, par exemple de l’île Vanikoro.
2° La portion du visage comprise entre les sourcils et les dents, qui répond à l'appareil nasal en haut, et à la portion sus-buccale del’appareil maxillaire en bas, est à son minimum de développement vertical chez les Parisiens et à son maximum chez l’Arabe, puis chez la Zouloue.
3° Le noir de Pondichéry et l’Arabe ont la portion sous-buccale de l’appareil maxillaire la plus haute, ce qui répond bien à l’impression que donnent le buste de ces sujets disséqués au laboratoire. LaZouloue a lapius faible hauteur. Les autres chiffres oscillent dans une étendue de trois unités, qui rappelle les faibles différences que nous avons remarquées tout à l’heure dans la totalité de la partie de l’appareil maxillaire qui est au-dessous de la base du nez ou du plancher des fosses nasales. Mais dans ce cas il existait une cause d’affaiblissement du caractère qui est moindre ici. Je m’explique.
Les phénomènes de compensation, de balancement, ou d’harmonie qui jouent un si grand rôle dans la morphologie de la tête s’opèrent dans des appareils dissemblables et plus ou moins voisins, ou dans des parties d’un même appareil. Le crâne cérébral se développant, le crâne facial s’atrophie, c’est ce qui s’est produit le jour où l’animal s’est fait homme ; l'appareil nasal croissant, l’appareil masticateur tend, toutes choses égales, à diminuer. Dans ce dernier deux choses peuvent se passer : ou la solidarité entre la portion masticatrice des maxillaires représentée par le bord alvéolaire et la portion charpente du squelette donnant insertion à des Topinard. — Anthropologie. 63