CHAPITRE XXVIII
muscles d’une part, et entre le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur de l’autre, fera que la diminution sera générale ; ou bien le balancement vital, diminuant celui des deux maxillaires qui sera le plus influencé, tendra à augmenter l’autre. Les proportions des parties sont le reflet de cette lutte; un maxillaire peut-être augmenté et 1 autre diminué, mais la loi des compensations veut que leur ensemble présente moins de variations de développement que chacun d’eux relativement pris à part.
Retenons de ce que j’ai appelé à propos de ces deux tableaux des exercices que dans l’étude des proportions, et tout en céphalométrie comme en craniométrie se réduit à cela, mesurer, additionner, prendre des moyennes, calculer les chiffres proportionnels, dresser des sériations, n’est rien; la difficulté est d’interpréter et de ne pas confondre un fait
particulier, accidentel, avec un fait général.
Proportions transversales. — Le lecteur a certainement déduit du principe posé que la tête doit être étudiée sur le vivant dans les conditions où l’observateur la voit, que la hauteur totale de cette tête prise par projection est l’étalon naturel auquel doiventêtre rapportées toutes les autres mesures céphaliques qui s’y prêtent, notamment les largeurs amenant à se rendre compte des contours et des faces dites larges, canées, lozangiques etc. Il n’est plus question en effet sur le vivant d une face anatomique. Si le craniologiste tend à arrêter le contour antérieur du visage crânien aux arcades sourcilières, et à en faire remonter le contour postérieur jusqu’à la hauteur des stéphanions, l’anthropologiste s’occupant du vivant remonte plus haut, il ne s’arrête même pas à l’insertion des cheveux, il s’élève jusqu’au vertex sans parler des chauves.
Du reste il faut de l’unité. Ce n’est pas seulement le canon des proportions verticales qu’il s’agit de construire pour toutes les races, comme pour tous les âges et dans les deux sexes, c’est aussi le canon des proportions transversales. La valeur de l’anthropométrie est dans les moyennes avec lesquelles on découvre les types. Un jour \iendia où 1 on devra pouvoir mettre en album la représentation schématique de toutes les têtes de race. Pour cela il faut procéder comme dans les arts et ramener tout à un étalon unique.
Le tableau suivant n’est qu’un essai pour montrer la voie dans laquelle on doit marcher.
Proportions transversales de la tête. — Hauteur de la tete — 100.
Différence avec bi-zygom. de
si-orb. ext.
Bi-zyg.
Bi-goniaq.
B. -O. ext.
Bi-gon.
42 Parisiens H .
1 Arabe .
4 Chinois et Indo-Chinois.
1 Indien Ioway .
1 Noir de Pondichéry....
PROPORTIONS TRANSVERSALES DE LA TÈTE
1 Néo-Zélandais . 54.7 70.2 G1.2 — 15.5 — 9.0
2 Néo-Hébridiens . 60.8 74.3 60.3 — 13 5 — 14.0
2 Fidjions . 51.5 61.4 58.4 — 9.9 — 3.0
3 Salomon . 55.1 67.3 58.1 — 12.2 — 9.2
14 Nègres d’Afrique . 55.6 65.8 56.1 — 10.0 — 9.5
3 Négresses — 55.9 66.1 57,2 — 10.2 — 8.9
Je recommande particulièrement les deux dernières colonnes qui montrent le retrait en dedans des deux largeurs supérieure et inférieure relativement à la moyenne, la plus large. Il en résulte une notion du genre d’ovale que présente le visage, plus complète qu’avec les indices bruts des trois premières colonnes. Soit par exemple notre petit lot de Parisiennes comparées aux Parisiens :1e haut de l’ovale est moins resserré, que chez l’homme, le bas l’est plus. Chez l’Arabe, les quantités sont faibles et à peu près égales en haut comme en bas, ce qui signifie que l’ovale est aussi régulier que possible. Chez l’Ioway et les Fidjiens, le resserrement inférieur est le moindre de la série et montre que la mâchoire est large et le bas du visage carré. Faute des mesures de largeur que nous aurions aimé à prendre, celles-ci déjà conduisent à ce que nous voulons. J’engage vivement les voyageurs à ne pas les négliger.
Si le lecteur a déduit de l’utilité de rapporter les mesures verticales de la tête vue de face à la hauteur totale de celle-ci, l’utilité de rapporter les mesures transverses au même étalon, il se sera dit inévitablement qu’on devrait tenir la même conduite avec le crâne dans son ensemble, muni de sa mâchoire, et que ce serait une façon d’en finir avec toutes ces contradictions d’indices faciaux en tous sens qui chargent la craniométrie.
C’est évident, et si la place ne nous manquait, nous donnerions la double série de rapports que nous avons ainsi obtenus sur tous les crânes à mâchoire que nous avons pu rassembler. Avec le craniophore et ses équerres rien n’est plus facile que de prendre la hauteur totale du crâne par projection, du vertex au menton, et les hauteurs partielles dont elle se compose. (Voir page 887, 982 et 1073.) Quant aux mesures transverses, ce sont les largeurs ordinaires prises avec le compas, celles que nous avons étudiées page 927.
Ce travail permettrait de comparer les proportions sur le crâne avec celles du vivant. Elles différeraient, par exemple dans celles se rapportant à la racine du nez et à l’épine nasale, on ne pourrait superposer leurs résultats, mais elles ne s’écarteraient pas notablement. lise passerait là ce que nous avons vu pour les indices du nez sur le squelette et sur le vivant. Les chiffres seraient irréductibles les uns en les autres, et cependant de chaque côté, ils aboutiraient aux mêmes conclusions.
Dans les chapitres sur la craniomètrie, nous avons étudié le crâne cérébral d’abord, le crâne facial ensuite; il restait à voir le crâne dans son