CHAPITRE XXVIII
entier. Nous avons donné çà et là des mesures se rapportant à ce point de vue; mais de fait c’est ici et par la méthode qui vient d’être exposée, que cet ensemble serait à traiter. Il est légitime de ne voir dans le crâne cérébral qu’un ovoïde à mesurer, dans le crâne facial qu’un corps d’une autre forme quelconque ; mais dans le crâne total, la méthode des projections dans l’attitude normale de la tète, en prenant un même étalon pour toutes les mesures, la hauteur de la tête comme au corps on prend la taille, est en quelque sorte forcée.
Les proportions verticales et transversales qui précèdent, conduisent à des caractères d’ensemble en ce sens qu’elles convergent vers un but général : la reconstitution schématique du canon du visage. Il reste à entrer dans les détails, et à prendre chaque partie à part. Mais là les mesurations deviennent rares, la méthode des types numérotés comme ceux que nous avons donné page 298 pour le nez, s’imposent dans les Instructions sur le vivant. Le voyageur ne saurait même espérer que l’on aura tout prévu et devra faire œuvre d’initiative, s’appliquer aux descriptions minutieuses et chercher des comparaisons heureuses.
Ainsi au deuxième siècle avant J. -G. les Chinois, parlant d’une certaine population à l’ouest contre laquelle ils guerroyaient, et dont la physionomie contrastait fortement avec la leur, la qualifient de figures à tête de cheval. Par contraste avec le visage aplati des Chinois, cette comparaison est en effet saississante, elle ne convient qu’à deux races : les Sémites dont le front en haut et le menton en bas fuient, tandis que le nez au milieu fait une saillie arrondie en bec de perroquet ou en bec d’aigle suivant les cas; et les Anglais et leurs congénères. Les figures en têtes de cheval aussi bien que les blonds ont été reconnus dans ces derniers temps aux environs du lac Lobnor, au nord du Tibet, dans les régions hier inexplorées de l’Asie centrale.
Pommettes. — Elles sont la preuve immédiate de l’impossibilité d’exprimer certains caractères par des mesures. Elles sont rebelles à la division en types figurés. La photographie elle-même ne les rend pas, ou en fausse souvent l’aspect par le jeu capricieux de la lumière à leur sommet. Après avoir tout essayé sur le crâne pour obtenir un diamètre malaire constant, j’y ai renoncé. J’ignore si je serai plus heureux pour les pommettes sur le vivant; j’ai décrit page 985 mon dernier procédé à l’étude.
Les caractères des pommettes se réduisent à trois : leur écartement, leur hauteur et leur saillie, ce dernier mot comprenant les pommettes massives. Un bord orbitaire saillant fait croire à des pommettes massives, hautes, etc., une fosse canine décharnée, un creux sous-malaire exagère leur relief, l’aplatissement seul du visage donne des illusions. Il n’est pas de caractère, dans ses nuances modérées, sur lequel on se trompe plus facilement et qui aurait autant besoin d’être rigoureuse-