CHAPITRE XXVIII
deux yeux et la base du nez, sont des valeurs égales et ajoutent que la bouche a la longueur d’un œil et demi dans le type européen, le seul qu’ils connaissent en général. L’anthropologie aurait à leur dire quelle est la vérité. Mais la longueur de la bouche n’est pas facile à mesurer avec justesse. Au repos, la seule attitude dans laquelle elle doive être prise, les chairs des commissures débordent plus ou moins sur le point exact, le pli de cette commissure se prolonge, on voit mal l’endroit où la muqueuse labiale se termine en pointe. En tout cas, il n’y a pas deux manières de comprendre cette mensuration : c’est à la pointe que doit être placé le compas glissière. Suivent quelques moyennes, cette fois en nombres absolus.
Longueur de la bouche. — Mesures absolues .
Millim.
42 H. Parisiens . 50
20 H. Belges (Quételet) . 5i
22 H. Chinois (Novara) . 47
8 H. Javanais — . 49
-30 II. Nicobars — . 55.9
2 H. Esquimaux (Bordier) . 52.0
6 H. Kalmouks (Deniker) . 49.6
Millim.
200 H. Moïs de l’Indo-Chine (Neïs)..
3 H. Néo-Zélandais (Novara) .
8 II. Australiens (divers)... .
12 H. Néo-Calédoniens (Bourgarel).
2 H. Archipel Salomon (buste)....
14 H. Nègres d’Afrique —
3 F. Négresses — —
Ouvertures palpébrales. — Les yeux, pour les gens du monde, sont l’ensemble des parties extérieures visibles de l’appareil de la vision et comprennent par conséquent le globe oculaire, l’ouverture palpébrale et les paupières.
Il a été question de la couleur de la sclérotique, blanche chez l’Européen, jaunâtre chez le Nègre, et de l’iris avec ses diverses colorations ; nous n’avons à parler ici que de l’ouverture palpébrale et des paupières. Nous laisserons de côté l’appareil lacrymal constitué en haut et en dehors par la glande lacrymale, au-devant de l’œil par les deux culsde-sac que forme la conjonctive en se repliant de la face interne des paupières sur la face externe du globe oculaire, et en dedans par les points lacrymaux qui conduisent par les conduits lacrymaux dans le sac lacrymal et de là, par le canal lacrymo-nasal, dans les fosses nasales. Nous ne dirons rien non plus de la structure des paupières composées, en outre de la peau et de la muqueuse palpébrale, d’une couche musculaire dépendant du muscle orbiculaire et du muscle orbito-palpébral de Sappey, dont la partie voisine du tendon bifurqué de l’orbiculaire en dedans et des conduits lacrymaux, porte le nom de muscle de Horner.
Nous devons cependant appeler l’attention sur une masse glanduleuse, dite caroncule qui occupe tout l’angle interne, en dedans des points lacrymaux; et sur un dédoublement vertical de la conjonctive qui se détache
OUVERTURES PALPÉBRALES.
de cet angle interne, en restant accolé an globe oculaire, et y représente, sous le nom de repli semi-lunaire, la troisième paupière des oiseaux, de
quelques reptiles, du chien, du lapin, etc.
On ignore si les globes oculaires présentent une grosseur différente suivant les races, et si la masse de tissu cellulo-adipeux, qui est en arrière et tend à les faire saillir, contribue é certaines apparences, telles que les yeux dits saillants des nègres, lesyeuxditsàfleurde tête des races jaunes, les yeux grands ou petits, etc. En tout cas, les yeux à fleur de tête, tels chez, les Japonais, assure M. Remy, qu’ils ne peuvent se servir de nos lunettes sans en exhausser l'intervalle avec du papier, sont essentiellement dus à l'affaissement de l’intervalle orbitaire ; et la plupart des yeux petits n’ont d’autre cause qu’une réelle étroitesse de la fente palpébrale.
De même la forme dite en amande des yeux de certaines Juives et femmes de la race méditerranéenne, est-elle due a celle de 1 ouverture palpébrale plus fendue, pour nous servir de l’expression usitée.
Fig. 200. — OEil européen.
■ig. 201.
— OEil mongol.
D’autres parties concourent cependant à la physionomie générale des veux si caractéristique chez les individus et si peu étudié dans les races, par exemple l’épaisseur et la longueur des cils, la forme et l’aspect des sourcils, horizontaux, arqués, relevés en dehors, confluents, touffus, mal plantés, en brosse, fins, grêles, réduits à un pinceau, etc.
Bref dans l’état de la science, il n’y a guère que deux formes d yeux de bien connues : l’œil européen, qu’il nous est inutile de décrire etl œi typique des races jaunes. Arrêtons-nous à ce dernier.
L’œil mongol ou chinois se résume ainsi : il est petit, un peu oblique, sa commissure externe est effilée et comme pincée, sa commissure interne est masquée par une bride verticale saillante, ses deux paupières sont comme bouffies et la supérieure semble dédoublée transversalement. Par l’un ou l’autre de ces caractères et à des divers degrés il se rencontre dans la plupart des races dites jaunes, mais est très souvent insensible, et peut manquer totalement chez des individus offrant tous les autres traits e
ces races.