‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 869 sur 980 · CORPS. — CARACTÈRES DESCRIPTIFS · texte numérisé non relu

CORPS. — CARACTÈRES DESCRIPTIFS

sur l’observateur par la position culminante de la tête au sommet du corps, la multiplicité de ses organes, de ses reliefs et de ses creux; et des différences que présente la physionomie suivant les individus et suivant les races. L’importance du reste du corps, des membres comme du bassin ou du tronc, n’est pas moins grande et moins légitime.

Dans les temps modernes et surtout en ce siècle on met en première ligne la physionomie qui parle, le regard qui scrute, la pensée qui bouillonne dans le crâne. Le corps vient au second rang, on n’y voit qu’un subalterne du système nerveux, des muscles qui meuvent des leviers, une charpente qui engendre des formes. Mais aux temps anciens, aux premiers âges de l’art, le corps attirait davantage l’attention, il avait son culte, on admirait ses proportions dans les cirques, on cherchait les raisons de ses différences suivant les sexes, les peuples et les milieux, le statuaire s’en inquiétait plus que de la tête.

Nous avons réagi contre l’excès d’attention donné aux formes crâniennes au détriment de la face ; nous devons réagir de même contre l’excès d’attention donné à la tête au détriment du corps. L’un et l’autre sont à étudier presqu’avec la même ardeur. L’anthropologie a des caractères distinctifs de race à recueillir en égale quantité des deux côtés.

Au corps, se retrouvent toutes les catégories de caractères que nous avons démontrées au crâne. Les unes dérivant d’une idée physiologique comme la forme et l’ampleur de la poitrine, les différences du bassin, une adaptation plus ou moins parfaite du squelette dans toutes ses parties à la station verticale, à la préhension avec les mains. Les autres issues d’une idée zoologique de gradation se continuant plus ou moins accusée dans le sein même du genre humain. D’autres, des caractères esthétiques dont l’intérêt résulte des formes qu’ils expriment chez l’homme vivant et se mouvant. D’autres, des caractères empiriques ou indifférents. De même y observe-t-on les distinctions fondamentales que nous avons établies en caractères primaires, subordonnés et harmoniques, en caractères anatomiques ou intérieurs et morphologiques ou extérieurs, en caractères descriptifs et anthropométriques.

Pour être logique, le plan que nous avons suivi jusqu’ici serait donc à reprendre pour le corps. Laissant de côté les muscles, les viscères qui n’entrent, pas dans notre programme, à l’exception de l’encéphale, comme nous avons laissé de côté les organes des sens à la tête, nous devrions commencer par le squelette à ses deux points de vue descriptif et anthropométrique, la loi de croissance des divers os étant comprise dans la partie descriptive; puis passer aux formes extérieures du corps, celles qu’on décrit et celles qu’on mesure. Mais n’ayant le projet que de toucher à certains sujets et de concentrer notre attention sur ce que dans l’état de la science on a besoin de connaître davantage et de recommander aux voyageurs, nous procéderons un peu arbitrairement en commençant par les caractères descriptifs extérieurs.

Topinard. — Anthropologie.

Page 1