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CHAPITRE XXIX

Caractères descriptifs du corps. — Nous n’en donnerons qu’un aperçu, par ce motif tout d’abord que beaucoup se convertissent en caractères anthropométriques ou peuvent être suppléés par la mensuration du squelette.

Soit par exemple le tronc. Chez la plupart des mammifères, particulièrement chez les animaux coureurs, il est allongé, aplati d’un côté à l’autre et proportionnellement plus haut de la ligne dorsale à la ligne ventral qu’il n’est large. Ces caractères se retrouvent, toutes choses égales, à l’extrémité supérieure du thorax, au milieu du tronc, comme au bassin. Il a pour conséquence de donner lieu à un sternum long et étroit et à un bassin du même type; puis de rapprocher davantage les épaules l’une de l’autre ainsi que les membres inférieurs. Chez les mammifères sans clavicules comme le cheval, l’ours, le rapprochement est porté nécessairement plus loin, et rend les mouvements d’adduction et d’abduction des membres supérieurs difficiles ou nuis par le manque de point d’appui.

En passant des carnassiers aux singes et surtout aux anthropoïdes, le type change pour le bassin comme pour le thorax, le sternum s’élargit et s’aplatit, la clavicule s’accentue, le bassin s’évase. En passant des anthropoïdes à l’homme, le nouveau type se caractérise tout à fait, et devient l’opposé du précédent. Les diamètres longitudinaux du tronc y compris le bassin augmentent, les diamètres antéro-postérieur et transverse diminuent, les épaules s’écartent. De là, une foule de caractères zoologiques qui se retrouvent dans le genre humain, suivant que telle race se rapproche ou s’éloigne plus ou moins du type animal. Or, la plupart de ces caractères sont accessibles à la mensuration sur le vivant et sur le squelette et fort bien rendus par elle.

Il n’en est plus de même du tronc dit tout d’une venue, ou à ceinture plus ou moins fine. Assurément la comparaison, soit de la circonférence à l’endroit le plus étroit entre la base des côtes et les crêtes iliaques, soit du diamètre tranverse minimum, avec la circonférence maximum ou les diamètres transverses maximum passant par les épaules d’une part, les hanches de l’autre, est excellente en principe ; mais ce rapport reste individuel, il est altéré par les constrictions que la coquetterie fait subir à cette partie du tronc, ou par la graisse dont la quantité, par parenthèse, n’est nullement proportionnée à son ensemble dans le corps, mais tient souvent à de simples dispositions locales. Le caractère d’une taille fine ou d un tronc tout d’une venue reste donc de l’ordre descriptif et par conséquent ne peut servir à distinguer une race. Il reste livré à l’appréciation de chacun et inaccessible aux statistiques et moyennes.

Les caractères tirés du cou et des épaules sont à plus forte raison dans ce cas. Chacun a remarqué ces cous épais et trapus si différents des cous grêles et longs ; ces épaules larges et carrées, rappelant les épaulettes du soldat, si différentes des épaules arrondies, se continuant avec le cou en formant une cône ou une pyramide d’une courbe concave très pure.

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