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CHAPITRE IV

produite et à procéder au déblaiement et à la préparation du terrain sur lequel nous nous tiendrons ensuite.

Au risque de laisser de côté un grand nombre de noms appartenant directement ou indirectement à la science générale de l’homme ou aux sciences spéciales qu’elle met en jeu, nous ne nous attacherons plus qu’aux points fondamentaux.

En premier lieu, se présente à terminer la discussion des monogénistes et des polygénistes qui embrasse à peu près toutes les parties de l’anthropologie et comprend les questions de l’espèce, de la place de l’homme dans la série animale, et de la classification des races, discussion aujourd’hui close. Puis les premiers pas dans la voie brillante du transformisme qui l’a remplacée à l’heure présente et a métaïnorphosé l’anthropologie comme toutes les autres sciences. Enfin une série de sujets moins généraux, tels que la notion de race portée sur un terrain autre que celui de l’histoire naturelle ; l’influence plus ou moins durable exercée sur cette notion par une science nouvelle, la linguistique; les progrès de la cràniologie, etc.

IMscussion «les monogénistes et polygénistes. Oernières phases. — A

la suite de Buffon et des encyclopédistes, de Kaimes et de Blumenbach, de Hunter, de Zimmerman, de White, une sorte de trêve s’établit. L’Europe ébranlée par la Révolution française était livrée à la guerre. La discussion reprit à la paix, au point où elle avait été laissée.

La partie du débat qui porte sur le dix-neuvième siècle se divise en deux périodes : l’une, anglo-française, dans laquelle le monogénisme fut essentiellement représenté par Prichard en Angleterre et le polygénisme par Rudolphi en Allemagne, mais surtout par Virey (2e édition), Bory et Desmoulins en France; l’autre franco-américaine dans laquelle le polygénisme se fit entendre hautement avec les esclavagistes Nott et Gliddon en Amérique, Knox en Angleterre, Broca en France.

Dans les deux périodes, le monogénisme n’eut pas d’avocat militant en France, mais il fut représenté au Muséum de Paris par une suite de professeurs, en tête desquels l’une des plus puissantes personnalités de la science française, un naturaliste dont les contributions à l’anthropologie seraient jugées considérables si elles n’étaient écrasées par la masse imposante de ses autres travaux, Georges Cuvier.

Georges Cuvier, né à Montbéliard en 1769, mort à Paris en i 832, était chargé d’une éducation particulière dans le Calvados, lorsque, sur l'invitation d’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, il vint à Paris; il n’avait que vingt-cinq ans, son protecteur en avait vingt-trois. C’était un moment solennel dans l’histoire de la science française. Le Jardin des plantes médicinales, fondé en 1626 par Louis XIII, venait d’être réorganisé sous le nom de Muséum d’histoire naturelle par la Convention, en 1789, sur la proposition de Lakanal. Douze chaires avaient été instituées. L’une remontant à 1673, et destinée à devenir plus tard la chaire d’anthro-

HISTORIQUE

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