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CUVIER

pologie, portait sur l’anatomie humaine et avait pour titulaire Portai. Trois concernaient l’histoire naturelle des animaux, Tune pour les animaux invertébrés occupée par Lamarck, l’autre pour les reptiles et poissons, occupée par Lacépède, et la troisième pour les mammifères et oiseaux, confiée à Ét. Geoffroy Saint-Hilaire âgé de vingt-un ans (1). Une autre chaire, celle d’anatomie comparée, remplie par Daubenton, allait être suppléée deux ans plus tard par Cuvier. Quelle phalange illustre!

L’un des premiers mémoires de Cuvier fut publié dès l’année 1795 en

collaboration avec son protecteur et ami Etienne Geoffroy Saint-Hilaire « sur les caractères qui peuvent servir à distinguer les singes » . Le principal de ces caractères était l'angle facial que le mémoire posthume de Camper venait de faire connaître, mais modifié, le sommet en étant transporté au bord des dents incisives. Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire ne cherchaient pas en effet la ligne de la physionomie comme Camper, ils voulaient la projection en avant du museau chez les animaux. L’attitude de la tête de ceux-ci n’étant pas la même que chez l’homme, la ligne horizontale de Camper leur devenait indifférente. Ils étaient donc dans leur droit et dans le vrai en adaptant l’angle facial à la destination qu’ils lui donnaient.

L’angle facial, concluent-ils, est de 60° chez les orangs et les sapajous, de 50° chez les guenons et les macaques, de 40° chez les magots et de 30 chez les alouates (2).

C’est dans ce mémoire, à l’aurore de la réputation de Cuvier, que se trouve cette phrase en contradiction avec les idées qu’il devait soutenir plus tard : « Dans les espèces, ne faut-il pas voir les diverses dégénérations d’un même type? » Mais on oublie que le mémoire a été écrit en collaboration avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire; il est probable que le passage est de ce dernier.

Nous dirons plus tard l’esprit qui animait l’école si célèbre de Cuvier, systématiquement hostile aux idées philosophiques paraissant devancer l’heure où elles s’imposent forcément. Nous nous bornerons ici à quelques remarques sur ses œuvres capitales : Y Anatomie comparée et le Règne animal (3). L’une et l’autre embrassent la totalité du règne animal, mais l’une et l’autre y font rentrer l’homme, en le prenant pour point de départ de leurs descriptions à chaque point de vue et procédant, comme

(1) Ce fut Geoffroy qui, eu 1794, fit en ces termes l’ouverture du Muséum réorganisé ;

« Citoyens, le lieu où nous nous trouvons réunis, l’objet qui nous rassemble, tout nous prouve qu’un nouvel ordre de choses s’est établi dans ce monument des sciences. Tandis que nos frères d’armes vont repousser d’un bras nerveux les efforts impuissants des rois coalisés, et cimenter de leur sang les bases de notre République, nous, dans le silence de l’étude, nous allons acquérir de nouvelles connaissances afin d’ajouter un nouveau rayon à la gloire nationale. »

(2) Et. Geoffroy et G. Cuvier, Histoire naturelle des orangs-outangs. Des caractères qui peuvent servir à diviser les singes. Magasin encycl. t. III, 1795.

(3) Georges Cuvier, Le règne animal distribué d'après son organisation pour servir de base à l'histoire naturelle des animaux. 4 vol;, 1816, Paris. — Id. Leçons d’anatomie comparée , 5 voh, 1800-1805, Paris,

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