‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 877 sur 980 · FÉMUR A PILASTRE · texte numérisé non relu

FÉMUR A PILASTRE

courts péroniers latéraux; 3° et 4° la disposition du fémur en colonne ou pilastre à son bord postérieur et le tibia platycnémique, sur lesquels nous allons insister.

Fémur à pilastre. — La diaphyse du lé mur, dans son tiers moyen qui est celui à considérer, est prismatique et triangulaire. De ses trois faces l’une arrondie regarde en avant, les deux autres planes ou légèrement convexes regardent l’une en dedans et en arrière, l’autre en dehors et en arrière. De ses trois bords, deux sont antérieurs et arrondis, l’autre est directement postérieur et s’épaissit de manière à présenter deux lèvres, l’une interne, l’autre externe, qui chacune donne insertion à une aponévrose intermusculaire et à des muscles. L’écartement de ces deux lèv i es est de 2 à 5 ou 6 millimètres. Ce bord postérieur ainsi constitué, c’est la ligne âpre des anatomistes.

Dans le fémur à pilastre les deux faces latérales s’excavent et la substance de l’os, comme refoulée en arrière, s’exhausse, formant comme un fût de colonne adossé au corps de l’os. Gomment rendre cet état qui dans des séries d’os favorables présente tous les* intermédiaires d’un état arrondi, sinon déprimé comme chez quelques anthropoïdes, à un état maximum, comme dans le fémur du vieillard des Eyzies et surtout dans un certain fémur français dont j’ignore la provenance exacte et que j’ai en ma possession.

Broca avait imaginé suivant son habitude 5 degrés, plus le zéro, pour rendre ces étapes. Le zéro, qui ne se rencontre pas chez l’homme, est la dépression observée, non chez tous, mais chez quelques anthropoïdes. Le n° 1 est le type arrondi comme dans la Yénus boshimane du Muséum. Le n° 3 serait le type moyen. Le n° 5 serait le type de Cro-Magnon. Le fémur unique dont je parlerai tout à l’heure mériterait un n° 6.

Sur ces données j’ai dressé quelques statistiques sur de grandes séries. Dans une première, comprenant 200 fémurs parisiens du quatrième au dixième siècle, j’ai rencontré 6 et demi p. 100 de fémurs n° 3 et 36 p. 100 du n° 4; ce qui ferait 42 p. 100 de fémurs à pilastre plus ou moins prononcé, et prouve déjà que cette disposition peut se rencontrer au sein même de la population française et n’est pas exclusive à une certaine race préhistorique. Dans une seconde série comprenant 240 fémurs d’adultes des Grandes-Canaries, 5 p. 100 présentaient le n° 5, 11,7 le n° 4, et pour continuer 62,1 le 3, 12,5 le 2, et 4,1 le 1 ; ce qui ferait 167 p. 100 de fémurs à pilastre, c’est-à-dire moins que chez les Parisiens. Mais évidemment, du moins c’est mon impression et celle d’autres personnes, cette série renferme un plus grand nombre de fémurs à pilastre que la première. La méthode de l’appréciation par le coup d’œil ne donne donc pas de résultats comparables. Ces deux répartitions ont été faites avec le même soin, mais à un an ou dix-huit mois d’intervalle ; l’esprit n’était plus le même à cette distance, et cependant j’avais les deux fois sous les yeux des échantillons des 5 degrés convenus. Cette tentative ne m’engage pas donc

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