CHAPITRE XXX
extrêmes que j’ai trouvées signalées, maissur l’époque probable il est difficile de se faire une opinion par la lecture des auteurs. Il n’y indique que les soudures les plus utiles à connaître aussi bien pour cette question des proportions définitives que pour celle du diagnostic de l’âge par les os dusquelette. Je m’en tiens à l’homme.
Époque de soudure des épiphyses au corps de Vos. — Variations individuelles.
Corps vertébraux. — Épiphyses supér. et infér. dorso-lombaires..
Première vertèbre sacrée à deuxième .
Clavicule. — Extrémité interne .
Coracoïde . . .
Acromion . » .
Cavité glénoïde . .
Épiphyses marginales inférieure et postérieure .
( Epiph. supérieure .
^ \ Condyle, trachée et tubér. externe..
Ép.ph. infer. j Tubérosit4 interne .
Extrémité supérieure . . .
— inférieure .
Extrémité supérieure .
— inférieure . . .
Réunion des trois points primitifs .
Os coxal.. ’ Points complémentaires divers .
Épiphyse marginale supérieure .
i Extrémité supérieure . .
! — inférieure . . . .
Omoplate
Humérus..
Radius. .
Cubitus.
Fémur. . . .
Tibia .
Péroné . . .
Calcanéum
j Extrémité supérieure ( — inférieure .
( Extrémité supérieure ( — inférieure.
22 à 26 ans.
20 à 25 18 h 24 16 à 18 18 à 22 18 à 19 16 ans.
Tout est fini à la colonne vertébrale à 30 ans, disent Rambaudet Renaud. Tout est terminé à 25 ans, ditM. Sappey, les dernières épiphyses soudées sont l’extrémité supérieure du tibia, l’extrémité inférieure du fémur, l’extrémité supérieure de l’humérus et enfin l’extrémité inférieure du radius. Le membre supérieur arrive donc à maturité avant le membre inférieur. Gomme moyen ménotechnique, dans les amphithéâtres, on dit que les trois extrémités des os longs des membres supérieurs convergeant vers le coude, se soudent les premières ; puis les trois extrémités divergentes des os du membre inférieur; ensuite les extrémités convergentes de celui-ci et enfin les extrémités divergentes du membre supérieur.
C’est un sujet sur lequel il y a fort à faire. Mais dès à présent les variations considérables de soudure des extrémités, signalées par les uns ou les autres et qu’ils ont vues, ne serait-ce qu’une fois, font comprendre toutes les variations individuelles correspondantes des proportions des parties. Encore ne faisons-nous allusion qu’à l’état rigoureusement normal. Toutes les déviations d’ostéogénie dont nous avons parlé au crâne peuvent se
SOUDURE DES ÉPIPIIYSES.
présenter, engendrant des effets analogues, des synostoses anormales c’est-à-dire plus ou ou moins prématurées ou plus moins retardées. Au crâne elles donnent lieu à des modifications de la forme à laquelle cet organe était prédisposé, sinon lorsqu’elles sont très prématurées à des déformations flagrantes, comme la scaphocéphalie ou l’acrocéphaîie. L’effet est moins saisissant au squelette, mais il s’y produit aussi. Si, comme dans le rachitisme guérissant par hyperostose, la synostose s’opère brusquement et complètement, il en résulte des vices de conformation, des incurvations par compensation, ainsi qu’au crâne. Si les synostoses se généralisent comme chez certains nains, la croissance étant arrêtée, le sujet reste petit et conserve les proportions qu’il possédait au moment de l’arrêt. Inversement, la synotose retardée sur un point permettra à la partie de s’accroître induement au delà de ses limites voulues. Si le retard est général, le sujet deviendra géant par les parties qui restaient à se développer lorsque le retard s’est accentué ; s’il est positivement partiel, l’excès de grandeur ne portera que sur les parties en cause. C’est ainsi que le simple ajournement de la soudure physiologique des dernières épiphyses, a pour effet de grandir la taille essentiellement aux dépens des membres inférieurs. Tel est du moins la façon dont le raisonnement veut que les choses se produisent.
Le complément de la recherche du terme naturel delà croissance dans les différents os longs et segments du corps, c’est sa constatation s’il est possible directement sur le vivant. Nous en donnerons un aperçu à l’aide de documents empruntés à Quételet, les seuls qui permettent cet examen.
Mais ce terme de la croissance de chaque partie n’est qu’une face de la question plus générale des proportions suivant les âges et du chemin parcouru pour arriver au but final. L’anthropologiste ne mesure pas que des os d’adultes, les proportions ne sont pas les mêmes à tous les âges : s’il veut connaître ce qu’offre de particulier un squelette ou un corps de 15 ou 20 ans, c’est avec des sujets du même âge et non de 30 ou 35 ans qu’il les compare. Le rythme du développement intéresse autant que son terme final ; il y a des prédominances d’accroissement de certaines parties, se renversant à certains moments, qui gouvernent et transforment les proportions d’âge en âge.
Cette étude a été faite sur des os isolés et sur l’ensemble du corps. Ainsi M. Hamy a conclu, d’après 62 membres supérieurs, que le rapport du radius maximum à Thumérus maximum diminue de 2 mois et demi de la conception à 13 ans et demi, comme 82 à la première période est à 72 à la dernière (1).
Des proportions à la taille, calculées par M. Humphry avec les moyennes de 26 sujets de 2 ans à 19 ans comparés à 25 adultes, il résulterait : 1° que par rapport à la taille la longueur du rachis diminue de la nais-
(1) T. Hamy, Recherches sur les proportions du bras et de l'avant-bras aux différents âges de la vie, in Kevue d’anthr., 1872, p. 79.