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DÉVELOPPEMENT DU SQUELETTE

à une période avancée de leur développement: au milieu la diaphyse osseuse, aux extrémités deux calottes formées par la convergence de plusieurs points, et entre les deux un cartilage interposé qui s’ossifie par ses deux faces, mais essentiellement par sa face diaphysaire, et comparable en tous points aux sutures du crâne à l’âge adulte. A un moment donné toute l’épaisseur du cartilage est envahie et les deux parties osseuses, jusque-là séparées, se fusionnent: c’est la synostose physiologique.

Au crâne le cartilage qui sépare l’os basilaire du reste de l’occipital s’ossifie ainsi en totalité vers 7 ans ; celui qui sépare le même os basilaire du corps du sphénoïde s’ossifie à 20 ans. Aux membres les cartilages qui séparaient les diaphyses des épiphyses des diaphyses s’ossifient à des époques diverses ; l’époque de soudure de certaines épiphyses comme celle du petit 'trochanter au corps de l’os étant sans influence sur la croissance de cet os, mais celle de certaines autres, comme celle de la tête du fémur au corps, mettant fin à l’allongement de la portion correspondante du membre. Il s’ensuit que la première condition pour se rendre compte des variations que présentent suivant les races et suivant les individus la longueur respective des diverses sections du corps, est de savoir l’ordre dans lequel s’opèrent physiologiquement les synostoses des os longs et de certains os courts, c’est-à-dire l’ordre dans lequel s’arrête la croissance de chaque partie. Ces soudures n’ont pas toutes la même importance, elles n’arrêtent pas au même degré l’augmentation de l’os ; la synostose par exemple des plaques épiphysaires supérieure et inférieure de chaque corps vertébral a plus d’influence que celle de l’épiphyse marginale de la crête iliaque. Et cependant la moindre suture qui persiste ou qui n’est pas hermétiquement fermée, laisse la voie ouverte à l’accroissement de cette partie.

L’ordre de ces soudures n’a malheureusement été étudié que pour les besoins de l’anatomie ordinaire, c’est-à-dire sur un nombre très restreint de sujets de races européennes. Béclard, Cruveilhier, Humphry, Rambaud et Pienaud et surtout M. Sappey, ont fait faire un grand pas à la science dans cette voie; mais au point de vue anthropologique, cela ne suffit pas. Les variations individuelles de soudure sont très étendues, s’entre-croisent différemment d’un os à l’autre, et ce n’est que par la méthode des moyennes, sinon de la sériation, qa’on arrivera à en connaître la règle. En étudiant l’encéphale, et du reste pour tous les caractères physiques, pour tous les phénomènes biologiques, nous nous sommes heurté contre cet écueil; mais que faire? Au cerveau il suffit d’ouvrir le crâne, de placer 1 organe dans une balance pour savoir son poids. Sur le squelette pour connaître l’état des épiphyses il faut faire macérer le cadavre, veiller à ce que les os ne soient pas changés et ajourner son examen. On pèse plus facilement 20 cerveaux qu’on n’examine toutes les épiphyses d’un seul squelette.

Le tableau suivant ne nous satisfait donc pas. Il donne les variations

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