‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 890 sur 980 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

objections se présentent en foule. Eu premier lieu la taille d’un squelette varie suivant les habitudes des préparateurs, non dansles mêmes maisons, où il y a une certaine tradition qui se maintient, mais dans des maisons diverses l’une à Berlin, l’autre à Londres, la troisième à Paris, par exemple. Sur un total de 24 sujets dont nous avons mesuré lataille avant toute dissection, puis le squelette, la différence en moins pour ce dernier a été en moyenne de 34 millimètres, mais elle atteint parfois 5 et 6 centimètres (l).Les mêmes objections se répètentpour la colonne vertébrale dans laquelle les ménisques intervertébraux sont artificiels et les courbures approximatives; et pour les membres dans lesquels les surfaces articulaires sont maintenues à distance d’une quantité laissée au hasard des habitudes. Le bassin est peut-être la seule partie à laquelle on puisse se fier; il tient le milieu sous ce rapport entre la main ou le pied et le crâne.

En somme, je donnerai plus tard, dans le chapitre des proportions du tronc sur le vivant, les résultats auxquels je suis arrivé en mesurant la portion dorso-lombo-sacrée de la colonne vertébrale, d’un trait et verticalement, avec ma glissière anthropométrique; j’ajournerai de même le rapport de la hauteur totale du crâne par projection à la taille, dont l’étude sur le vivant est préférable ; et j’aborderai de suite, à défaut de la proportion de la longueur totale des membres, le rapport à la taille des longueurs des principaux os longs des membres supérieurs et inférieurs.

Mensuration «les os longs. — Une question toutefois domine la mensuration de la longueur des os longs, c’est le procédé à suivre. Je ne sache pas que nulle part, sauf peut-être dans mon Anthropologie, on ait nettement dit comment il faut s’y prendre et quelle longueur est à préférer; chacun opère à sa guise comme si les règles à adopter ne souffraient aucune difficulté. M’étant informé auprès d’un anthropologiste éminent, le premier qui ait publié un aperçu des proportions comparées de l’homme dans ses principales races et des anthropoïdes, je ne pus le faire se rappeler de quelle manière il s’y était pris.

Tout d’abord le système du ruban est mauvais; le ruban se tend plus ou moins, il est extensible, il suit les contours des épiphyses et donne des mesures vagues, obliques le plus souvent, et non des mesures droites suivant l’axe de la diaphyse. Le compas d’épaisseur de grande dimen-

(I) Mesurer la taille d’un squelette n’est pas si facile qu’on pourrait le croire ; en prenant toutes les précautions on peut aboutir h des différences de deux centimètres. Il y a deux procédés : dans l’un le sujet est suspendu, ses pieds affleurant le sol, dans l’autre il est couché. Dans les deux cas la courbure de la colonne vertébrale est plus ou moins accentuée et les disques intervertébraux plus ou moins rapprochés, la plante du pied plus ou moins correctement à angle droit ou appliquée sur le sol. Je ne saurais dire quel système je préfère : les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le squelette couché donne plutôt moins, contrairement au vivant. 1

Depuis que mon chapitre sur la taille est écrit j’ai entre les mains un document anglais curieux à ce dernier point de vue. Dans deux séries de 327 et de 364 sujets, l’écart entre la taille debout et la taille couchée, a été de 19 millimètres, à peu près ce que nous avons dit; mais les écarts individuels extrêmes se sont élevés à 75 millimètres en plus dans la station horizontale et, chose plus inattendue encore, à 63 millimètres dans la station debout

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