PROPORTION DU TRONC
Trois manières d’entendre sa circonscription se présentent : une première, dans laquelle il est déterminé par la longueur de toute la partie de la colonne vertébrale sous-jacente à la portion cervicale; une seconde, dans laquelle on fait rentrer la ceinture scapulo-coraco-claviculaire qui est le premier segment des membres inférieurs, et l’analogue de la ceinture iléo-pubio-ischiatique qui est le premier segment des membres inférieurs, en se mettant au point de vue des formes extérieures, telles qu’on les voit sur le corps nu et vertical ; une troisième dans laquelle on exclut la ceinture scapulo-coraco-claviculaire en se basant sur la vue physiologique que le tronc est la succession des trois cavités thoracique, abdominale et pelvienne délimitées par les arcs viscéraux correspondants.
Ayant à compter ici avec les documents à notre disposition, qui prennent le tronc tantôt dans une acception, tantôt dans une autre, nous ne nous inquiéterons pas de ces distinctions.
Je suis le seul, je crois, en laissant de côté les rêves algébriques de Garus, qui ait tenu compte de l’importance du tronc considéré comme la proportion du corps par laquelle on doit commencer, et je n’ai qu’à extraire quelque partie de mon travail sur le sujet, en me bornant à y ajouter quelques moyennes publiées depuis (1). L’essentiel dans ce genre de revue est de ne pas rapprocher des chiffres obtenus à l’aide de points de repère différents ou par des méthodes donnant des divergences certaines.
Dans la partie précédente concernant l’ostéométrie, j’ai déjà rapporté les mesures des os longs directement à la taille, quoique celle-ci sur le cadavre n’ait rien de rigoureux. J’ai dit que la différence entre la taille des sujets disséqués au laboratoire, entiers et couchés sur la table, et celle des squelettes montés ensuite, a été de 3 centimètres et demi ; Si cette quantité était constante ce serait parfait, mais il n’en est pas ainsi. Les squelettes sur lequels j’ai ainsi opéré étaient nouvellement montés, ils ne s’étaient pas affaissés; tandis que ceux dont je vais parler ont été pris un peu partout, et montés par des mains très différentes. Du reste la longueur d’un os frais et celle d’un os sec ne sont pas les mêmes; les cartilages sont desséchés sur ce dernier; c’est pour ce motif que les préparateurs placent les os à distance au niveau des articulations, ils agissent pour le mieux d’une façon à peu près uniforme, mais empiriquement, sans s’être livrés à aucune expérience.
Sous ces réserves je livre les rapports suivants du tronc à la taille qui, comparés entre eux, méritent considération; ils ont l’avantage de provenir de mensurations toutes de la même main. La longueur du tronc y est prise du sommet de Y apophyse épineuse de la septième cervicale en projection verticale jusqu’au sommet du sacrum , avec ma glis-
(1) P. Topinard. anthropométriques sur les canons. I. Du Tronc. Revue d antlirop.,