CHAPITRE XXXI
visions principales de ces embranchements et aux types isolés et souvent paradoxaux que nous avons entrevus comme l’esquimau, l’andaman, le boschîman, nous donnerons un résumé des principaux faits résultant non plus seulement des mensurations sur le vivant, exposées dans ce chapitre, mais aussi des mensurations sur le squelette qui ont fait l’objet d’un chapitre antérieur.
Ce sont deux ordres d’études qui se suppléent. Nous les avons traitées d’une façon indépendante sans nous inquiéter de ce que l’autre disait. En les comparant on verra que parfois leurs verdicts semblent différer, mais que si l’on tient compte du nombre de sujets sur lesquels ils reposent et des conditions différentes d’opération, elles se confirment et se complètent réciproquement. On peut emprunter tantôt à l’un, tantôt à l’autre, non les chiffres qui doivent rester séparés, mais leurs conséquences; l’essentiel est de ne se guider pour résoudre un point spécial que sur des documents de la même main autant que possible ou de la même école.
L’Européen moyen étant pris pour terme de comparaison, et de préférence dans chaque cas les chiffres de la même source au faîte de la liste, voici le résumé, en somme, des faits à admettre jusqu’à nouvel ordre.
Les races jaunes d’Asie d’une manière générale ont la tête plus haute, et l’on peut même dire plus forte dans sa totalité; elles ont le tronc plus long, les membres considérés dans leurs premiers segments plus courts, les mains et les pieds grands. Le raccourcissement des quatre membres est avec la tête leur trait le plus remarquable ; il porte sur les deux
segments à la fois et au membre supérieur essentiellement sur le segment huméral.
Les races jaunes ou rouges d’Amérique ont une grande analogie avec celles d Asie par les proportions, mais s’en distinguent sous quelques rapports. Leur tête, haute encore, l’est moins. Leur tronc à peu près comme celui des Européens, dans le Sud, est encore plus long que celui des races d’Asie, dans le Nord. Leur membre inférieur est dans la moyenne ou légèrement raccourci, sans que l’un ou l’autre segment soit particulièrement en cause. Le membre supérieur, dans les races du Sud, est à peu près comme celui de l’Européen, quoique l’avant-bras soit légèrement allongé relativement, et dans les races du Nord plus allongé que chez l’Européen et même que chez le Nègre (Iroquois des statistiques américaines) par suite de l’allongement de l’avant-bras et du bras réunis.
Les races nègres d Afrique, dont nous retranchons la race boshimane, a d’une manière générale la tête plus petite que l’Européen et à plus forte raison que le Jaune, le tronc moins long, les membres inférieurs légèrement plus longs, les membres supérieurs notablement plus longs, les mains longues et les pieds dans la moyenne. L’excès de longueur du membre inférieur n’est dû qu’au développement du fémur, l’excès de longueur du membre supérieur au développement de l’avant-bras.
Quant aux Boshimans dont les mensurations ne portent que sur des
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femmes, leur tête est petite, leur tronc très court, leurs membres inférieurs très allongés, leurs membres supérieurs légèrement allongés, leurs mains et pieds les plus petits connus. Au membre inférieur l’allongement porte sur les deux os à la fois et davantage sur le tibia, ce qui est le contraire du nègre précédent. Au membre supérieur le radius se raccourcit tandis que l’humérus s’allonge. Dans cette moyenne la Vénus hottentote fait exception : son membre supérieur est diminué par ses deux os, mais davantage par l’humérus, par rapport à l'Européen notre étalon de comparaison dans tout ceci; et diminué par le radius, augmenté par l’humérus, par rapport au Nègre ordinaire (1).
Je serai particulièrement réservé sur les nègres d’Océanie représentés par les Néo-Calédoniens. Ils auraient la tête haute, le tronc intermédiaire entre ceux de l’Européen et du Nègre d’Afrique, les membres inférieurs plus longs que l’Européen et que le Nègre d’Afrique, le membre supérieur plus long aussi. C’est aux dépens des deux os que se ferait l’allongement du membre supérieur, l’humérus pour une quantité minime, le radius pour plus sans que cet accroissement approche de celui du nègre d’Afrique. Au membre inférieur les deux os augmentent, mais je n’ose dire lequel davantage ; en tout cas ce n’est pas visiblement le fémur comme chez le nègre d’Afrique.
Pour le Tasmanien, l’Australien, comme pour l’Esquimau, il serait téméraire de conclure avec le peu de cas qu’on possède.