CHAPITRE XXXÎI
CARACTÈRES ANTHROPOMÉTRIQUES (SUITE).
Influence de l’âge, du sexe, de la taille, des professions sur les proportions du corps. — Variations individuelles. — Unité ou pluralité des types de proportions. — Critique des méthodes et procédés anthropométriques. — Choix des mesures et des points de repère. — Instruments.
Conclusions. — Instructions pour le vivant : 1° liste étendue; 2° liste réduite.
Le lecteur qui nous a suivi depuis le chapitre VI sait que la détermination d’un caractère par la mensuration sur un nombre suffisant de sujets, pour en constituer des moyennes servant à différencier les races entre elles et le genre humain tout entier des genres zoologiques voisins, n’est qu’une partie de la tâche de l’anthropologiste, et que le plus difficile ensuite est à poursuivre. Il ne s’étonnera donc pas qu il nous
(1) Voici les proportions particulières de son squelette : hauteur de la tcte, 11-9, tronc, 31,8; humérus maximum, 20,4; radius maximum, 14,1; fémur maximum, 28,4, tibia maximum, 24,1; main, 10,0; pied, 13,2.
Cf! APITRE XXXII.
reste une foule de questions à aborder sur les proportions du corps.
i/âgre est la première. Nous en avons parlé suffisamment à propos du développement du squelette (page 1026), des recherches à continuer comme celles de M. Iiamy sur le radius, de la soudure des épiphyses donnant le terme de développement du corps; en l’appuyant page 1030 de chiffres empruntés à Quételet, dont nous avons tiré un aperçu de la loi de croissance des proportions, et çà et là d’autres listes, comme pour la grande envergure page 1079. Nous avons dit que cette étude était la clef des variations que l’on constate à l’âge adulte, des actions de milieux efficaces seulement pendant l’enfance et de toutes les transformations de type dans le temps et sous nos yeux. Une fois le squelette terminé, les épiphyses soudées, les proportions sont fixes. Quoique M. Sappey dise, par exemple, du fémur qu’après son ossification accomplie à trente ans au plus tard, il s’accroît encore jusqu’à trente-cinq et quarante ans ; et que nous-mêmes à propos de la taille pages 416 et 646, nous ayons admis qu’un certain accroissement interstitiel se conçoit encore, nous ne croyons pas à des changements appréciables dans le sens de 1 évolution. Les proportions se modifient alors, mais par les progrès de l’âge et même très promptement chez certains individus. Mais c’est anormalement, par tassement suivant une expression souvent employée par ceux que nous mesurions, lorsqu’ils constataient la différence entre leur taille actuelle et celle de la conscription. Les tailleurs savent que par 1 âge la hauteur de l’entrejambe diminue, les cordonniers que le pied s’allonge. Dans ce dernier cas l’écrasement de la voûte joue la part principale, dans le premier le redressement du col du fémur y contribue. Il s’en suit que pour avoir les proportions correctes du corps, il faudrait peut-être se renfermer dans un laps de temps déterminé, soit de trente à quarante ans.
I^e sexe vient après. Les différences de proportion sont à distinguer pour chacune des parties, chez les Européens et dans les autres races séparément. Si dans les caractères craniométriques, nous avons quelquefois trouvé des différences constantes chez la femme dans toutes les branches de l’humanité, la plupart du temps nous nous sommes heurtés à des contradictions qui s’opposaient à toute loi générale. Il est vraisemblable que dans le sein même des races européennes s’offrent des divergences analogues. Cependant, ces différences ont été assez franches, dans tous les documents que nous avons comparés, pour que nous puissions les résumer avec assez de netteté, sans mettre sous les yeux du lecteur suivant nos habitudes les principaux documents sur lesquels nous nous appuyons.
La femme européenne, d’une manière générale, a la tête plus haute, le cou plus court, le tronc plus long et les quatre membres plus courts.
L allongement de la tête se fait aux dépens du cou, l’allongement du tronc 9-UX dépens des membies inferieurs. Les deux premiers segments de