CHAPITRE XXXII
LPiiiflueiice «1e la taille vient ensuite. Les proportions varient-elles chez les grands et les petits hommes par le fait seul de leur taille ?
Deux ordres de documents sont à consulter : les uns empruntés à la physiologie, les autres aux faits empiriquement constatés. Les premiers concernent la croissance et le développement de chacune des parties. Nous avons vu que le tronc ralentit son mouvement de croissance d’assez bonne heure relativement, et que les membres l’accélèrent au contraire vers la fin, surtout les membres inférieurs, et que dans ceux-ci la quantité d’accroissement augmente du segment terminal au segment basique. Une déviation du rythme habituel à certaines périodes, ou bien une prolongation ou une terminaison prématurée pourraient-ils faire prévoir des différences ultérieures de proportions entre les sujets de haute et de petite stature? Nous avons vu avec les statistiques américaines, page 451, que le phénomèneseproduitpour le tout; ne peut-ilaussi s’appliquer aux parties?
Les faits empiriques portent sur le vivant et sur le squelette. Commençons par le premier, M. Sappey ayant réuni dans ses quarante hommes les tailles les plus disparates, ses chiffres maniés autrement qu’il ne le fait vont nous servir. Nous prendrons sa propre division d’abord de ses sujets en deux groupes, l’un dont la taille moyenne est de lm,63 et l’autre où elle est de lm,74; puis ses quatre hommes les plus petits et ses cinq les plus grands. Notre méthode rapporte bien entendu chaque partie à la taille, car il n’est pas douteux que partout les dimensions absolues ne soient plus fortes chez les grands et plus petites chez les petits. D’où le tableau suivant :
Proportion suivant la taille. — Stature = 100.
Taille moy.
Taille moy.
Taille moy.
Taille moy.
Tête .
Tronc et cou .
Membre inférieur. . . .
— supérieur...
Les déductions sont très nettes pour certaines parties, moins pour d’autres. La tête est incontestablement plus forte chez les petits, et d’une façon si positive et confirmée par tous les documents de source diverse, que nous n’y reviendrons plus. Les membres inférieurs sont moins longs avec non moins d’évidence chez les petits. Le tronc enfin est plus long chez les mêmes, mais de peu ; toutefois le tronc tel que nous avons pu l’obtenir avec les chiffres de M. Sappey remonte trop haut et ne descend pas assez bas; c’est une proportion à revoir. Quant aux membres supérieurs, il y a contradiction, ils sont plus longs d’une quantité, il est vrai, négligeable dans la première double série, chez les petits sujets, et énormément plus courts dans la seconde.