AGE ET SEXE
chaque membre concourent au membre inférieur comme au membre supérieur au raccourcissement général ; le troisième segment lui est étranger. La main est semblable dans les deux sexes, le pied est plus petit chez la femme.
Les artistes anciens inscrivaient le tronc de l’homme, vu de face, dans un ovale dont les deux largeurs aux extrémités étaient semblables et celui de la femme dans une ellipse dont la grosse extrémité était en bas aux hanches. C’est une erreur : les épaules sont plus larges que les hanches dans les deux sexes, quoique un peu moins larges chez la femme. Le bassin et les hanches sont cependant beaucoup plus larges chez la femme; les deux à peu près proportionnellement, en sorte que des hanches écartées indiquent d’une manière générale un bassin large et sont par conséquent le signe d’une bonne adaptation des parties à la fonction, et de l’autre le signe d’un éloignement d’autant plus grand du type animal. Le beau n’ayant d’autre critérium que ces deux conditions, les hanches larges deviennent une marque de beauté chez la femme. La dernière condition s’appliquant aussi à l’homme, leur élargissement est également un signe de beauté chez l’homme, pourvu que cet élargissement ne soit pas au point de le faire tomber dans les proportions féminines et de lui retirer ce qui concourt aussi à l’idée du beau chez lui: les proportions propres à son sexe.
La femme a le thorax à la fois plus étroit transversalement et moins développé d’avant en arrière, sans qu’il y ait de compensation sensible dans le sens vertical, N’était ce dernier fait, on pourrait en conclure que ce resserrement général est un effet du corset en usage dans notre civilisation européenne. La femme a le nombril plus haut, c’est-à-dire plus rapproché du sternum et plus éloigné du pubis, ce qui ne serait pas si ce n’était dans sa nature, l’usage du corset devant tendre aussi à abaisser le nombril.
Les membres supérieurs de la femme plus courts, ses épaules légèrement plus larges, sans doute en rapport avec le rétrécissement du thorax, et enfin ce dernier font préjuger que sa grande envergure sera plus courte. La conséquence de ses membres inférieurs plus courts et de son tronc plus long est de reporter le centre de son corps plus haut que chez l’homme. Le nombril plus haut et le centre du corps plus haut font présumer que les artistes, en relevant un peu trop les deux, se sont inspirés sansVen douter de la moyenne entre l’homme et la femme.
Les documents anthropométriques sur la femme ne sont pas à utiliser seulement au point de vue des différences sexuelles; ils servent aussi à élucider toutes les questions que comportent les proportions du corps. Mais ils ne doivent pas être réunis à ceux de l’homme. Ce sont des recherches à conduire parallèlement dont les résultats se confirmeront ou s’infirmeront ensuite, de même que les recherches séparées sur le vivant et sur le squelette.